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Tunisie: la lutte contre les groupes armés du mont Chaambi sera longue (Défense)

21/04/2014 01:28 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

La lutte entamée fin 2012 contre les groupuscules armés soupçonnés d'être liés à Al-Qaïda et retranchés sur le mont Chaambi, à la frontière algérienne, sera encore longue, a déclaré lundi à l'AFP le porte-parole du ministère tunisien de la Défense.

"Ça ne va pas être facile. Ça va prendre du temps", a dit le colonel-major Taoufik Rahmouni.

L'armée a procédé lundi à de nouvelles frappes sur le mont Chaambi, parallèlement à une opération terrestre, après un échange de tirs dimanche soir entre "des éléments terroristes" et des militaires, selon M. Rahmouni.

"Ils ont des armes légères, des mitraillettes, et ont recours aux mines. Les mines sont le plus grand obstacle à notre progression", a-t-il ajouté.

L'armée tunisienne traque depuis 2012 des jihadistes sur le mont Chaambi, où plusieurs soldats ont été blessés ou tués par des engins explosifs dissimulés. Le chauffeur d'un véhicule militaire a encore été tué vendredi dans l'explosion d'une mine.

Le Premier ministre Mehdi Jomaa s'est félicité lundi des opérations en cours, estimant qu'un "saut qualitatif" s'était produit dans la lutte contre ces groupes armés.

"Il y a un saut qualitatif dans ces opérations parce qu'il y a de l'initiative. Les militaires (...) vont aux foyers terroristes, ils ne les attendent plus", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'une réunion du Conseil national de la sécurité.

C'est sur le mont Chaambi que huit militaires ont été tués dans une embuscade en juillet 2013. Certains d'entre eux avaient été égorgés.

La présidence avait décrété la semaine dernière le mont Chaambi "zone militaire fermée", une décision que le ministère de la Défense avait expliquée par "la multiplication des menaces de la part des organisations terroristes basées dans la région".

Les massifs montagneux voisins de Sammama, Salloum et Mghilla ont également été déclarés zones militaires la semaine dernière.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie est confrontée à un essor de la mouvance jihadiste. En 2013, une vingtaine de policiers, gendarmes et militaires ont été tués dans des incidents impliquant des "terroristes" selon les autorités, tandis que l'assassinat de deux opposants de gauche a plongé le pays dans une profonde crise politique.

Aucun groupe n'a toutefois revendiqué ces violences.

iba/alf/cbo

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