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Syrie : les É.-U. soupçonnent un recours au gaz chimique en avril

21/04/2014 07:50 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Les États-Unis disposent d'éléments donnant à penser qu'une substance chimique toxique, probablement du chlore, a été utilisée en avril en Syrie et ils examinent les éléments pointant vers une responsabilité du régime de Bachar Al-Assad, a déclaré lundi le département d'État.

« Nous avons des indications sur l'utilisation d'une substance chimique industrielle toxique » dans le village de Kfar Zeïta, a dit la porte-parole du département d'État, Jen Psaki. « Nous examinons les allégations selon lesquelles le gouvernement est responsable », a-t-elle ajouté.

Cette déclaration va dans le sens des propos tenus dimanche par le ministre français des Affaires étrangères. « Des indications me sont données - il faut vérifier -, selon lesquelles il y aurait eu des attaques chimiques récemment, beaucoup moins importantes que celles de Damas il y a quelques mois, mais des attaques mortelles, dans le nord-ouest de la Syrie, pas loin du Liban », a déclaré Laurent Fabius.

Quelques jours plus tôt, des opposants à Bachar Al-Assad ont déclaré que des hélicoptères gouvernementaux avaient largué les 11 et 12 avril du gaz chloré sur le village de Kfar Zeïta, tenu par les insurgés, dans la province centrale d'Hama. Damas impute l'attaque aux rebelles.

Le régime syrien s'est engagé à se débarrasser de l'intégralité de son arsenal chimique à la suite d'une attaque commise dans la plaine de la Ghouta, en périphérie de Damas, le 21 août.

Les États-Unis et leurs alliés, notamment la France, ont imputé cette attaque aux forces de Bachar Al-Assad et ont menacé le régime syrien d'une intervention militaire.

À la suite d'un accord avec la Russie, les États-Unis ont renoncé à une telle initiative et ont obtenu fin septembre l'adoption d'une résolution par le Conseil de sécurité des
Nations unies obligeant le régime syrien à renoncer à ses armes chimiques.

Sigrid Kaag, coordinatrice spéciale de la mission conjointe de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), a fait savoir samedi que la Syrie avait transféré hors du pays ou détruit 80 % de ses armes chimiques déclarées.

Le régime syrien semble ainsi en mesure, a-t-elle ajouté, de respecter la date butoir du 27 avril, à laquelle il est supposé ne plus disposer d'aucune arme chimique, comme convenu dans l'accord avec les États-Unis et la Russie.

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