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RDC: 3 morts dans des échauffourées entre militaires et jeunes dans le Sud-Est (société civile)

21/04/2014 08:09 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Trois personnes sont mortes et cinq ont été blessées samedi à Likasi, dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo, dans des échauffourées entre militaires et jeunes d'un parti de la majorité, ont indiqué lundi des ONG, associations et syndicats locaux.

Dans la nuit du 12 au 13 avril, deux militaires du centre de formation de Mura avaient extorqué des biens à des civils et des membres de Jeunesse de l'Union des fédéralistes du Congo (Junafec) les ont tabassés, ligotés et amenés à l'auditorat militaire, explique dans un rapport la Société civile de Likasi, cité minière située à 120 km au nord-ouest de Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga.

Samedi, des militaires du centre de Mura se sont déployés en masse dans Likasi et sont allés "jusqu'au (...) directoire de la Junafec en y déchirant l'un de leur drapeau", avant de "procéder au rançonnement et (à la) confiscation des biens des gens", écrit la Société civile, qui fédère près d'une centaine d'ONG, associations et syndicats.

Un capitaine en civil tentant de raisonner les militaires a été tué, de même qu'un jeune de la Junafec qui voulait acheminer son corps à la mairie, poursuit le rapport. Plus tard, une mère de quatre enfants a été tuée, apparemment par des militaires qui voulaient la rançonner, ajoute le rapport.

Lorsque le mouvement des militaires est devenu "incontrôlé", cinq personnes, toutes civiles, ont été blessées par des balles perdues et une "panique générale" s'est emparée de Likasi, provoquant une paralysie des activités commerciales, selon la même source.

Les autorités militaires et politiques n'ont pas donné suite aux questions de l'AFP mais les incidents sont pris au sérieux: le ministre provincial de l'Intérieur, Juvénal Kitungwa, s'est rendu en mission à Likasi.

L'armée est régulièrement accusée d'exactions, dont des pillages et des extorsions commis par des militaires soucieux d'arrondir leur solde. "Les militaires (...) sortent souvent la nuit à la recherche de quoi manger", selon un habitant de Likasi joint par l'AFP.

La Junafec dépend de l'Union des fédéralistes du Congo (Unafec), un parti de la majorité présidentielle dirigé par Gabriel Kyungu wa Kumwanza, également président de l'Assemblée nationale du Katanga. "La Junafec n'est pas une milice" et ceux qui ne respectent pas la loi seront jugés, a déclaré M. Kyungu dimanche, selon des propos rapportés par la Radio Okapi, parrainée par l'ONU.

Dimanche soir à Likasi, "ça a encore tiré en l'air, beaucoup de tirs nourris pour rien", s'est inquiétée lundi une source de la société civile interrogée par l'AFP.

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