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Joe Biden en visite en Ukraine sur fond de tension

21/04/2014 10:55 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

La vie semble reprendre son cours à Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, où les tensions entre la Russie et l'Occident se sont matérialisées lors d'une attaque qui a fait au moins trois morts dimanche.

La population de la ville tombée sous le contrôle de militants prorusses vaque à ses occupations, constate le correspondant de Radio-Canada Jean-François Bélanger. La vie reprend ainsi son cours malgré les barricades, les hommes armés et les photos placardées dans la ville des militants prorusses morts dans l'attaque d'une barricade, dimanche.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, soutient que la fusillade survenue dimanche matin à une barricade tenue par des séparatistes prorusses de Slaviansk témoigne du manque de volonté de Kiev de contrôler ses extrémistes. Les circonstances de l'attaque, qui a fait au moins trois morts, demeurent floues et les deux parties s'en rejettent la responsabilité.

Pendant que Slaviansk se relève de l'attaque meurtrière, la joute diplomatique se poursuit entre la Russie, les États-Unis, l'Ukraine et l'Union européenne. Le vice-président américain, Joe Biden, est en visite à Kiev pour rencontrer le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, et le premier ministre Arseni Iatseniouk. Le politicien américain, qui s'intéresse au conflit depuis son éclatement en novembre dernier, est le premier haut responsable américain à visiter l'Ukraine depuis le secrétaire d'État John Kerry le 4 mars dernier.

La fragilité de l'accord de Genève

L'incident de Slaviansk ravive les tensions diplomatiques. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dénonce l'attitude de Kiev quelques jours après la signature d'une entente à Genève visant à apaiser les tensions.

Signé jeudi à Genève par l'Ukraine, la Russie, les États-Unis et l'Union européenne, l'accord réclame l'arrêt immédiat des violences en Ukraine, le désarmement des groupes armés illégaux, la restitution des bâtiments illégalement occupés et la libération des espaces publics.

La Russie reproche aux dirigeants ukrainiens, par la bouche de M. Lavrov, de ne pas avoir démantelé les barricades à Kiev. « Des mesures sont en train d'être prises, avant tout par ceux qui se sont emparés du pouvoir à Kiev, qui non seulement ne respectent pas, mais enfreignent grossièrement l'accord de Genève », a déclaré M. Lavrov au cours d'une conférence de presse. « Ces autorités ne font rien, ne lèvent même pas un doigt, pour s'attaquer aux causes de la profonde crise intérieure en Ukraine. »

M. Lavrov écorche également les États-Unis. Il estime que les Américains devraient plutôt s'assurer que leur allié ukrainien respecte les engagements de Genève plutôt que de lancer des ultimatums à la Russie. « Avant de nous fixer des ultimatums, de réclamer que nous honorions des demandes dans un délai de deux à trois jours sous la menace de sanctions, nous appelons avec urgence nos partenaires américains à assumer pleinement la responsabilité de ceux qu'ils ont porté au pouvoir », a-t-il dit.

L'attaque de Slaviansk a fourni l'occasion au maire autoproclamé de la ville de réclamer la protection de Moscou. Viatcheslav Ponomarev a demandé au président russe Vladimir Poutine d'envoyer des forces de « maintien de la paix » dans la région russophone.

L'appel des militants prorusses de Slaviansk rappelle celui des dirigeants de la Crimée, un appel qui a mené au référendum et au rattachement de la région à la Russie. Moscou, qui a reconnu avoir massé des troupes à la frontière, a dénoncé la mort de « victimes innocentes » dans la municipalité de l'Est ukrainien.

Sanctions économiques

Les insurgés de Slaviansk ont reçu des renforts. Des hommes armés de fusils d'assaut, cagoulés et en uniforme - mais sans insigne - sont arrivés dans la municipalité. Kiev soutient qu'il s'agit de membres des forces spéciales russes.

En représailles à l'annexion de la Crimée, les États-Unis et l'UE ont appliqué des sanctions contre des hauts responsables russes. Washington, qui tient la Russie responsable des troubles dans l'Est ukrainien, menace désormais de frapper des pans entiers de l'économie.

« Les tentatives d'isoler la Russie sont vaines, car isoler la Russie du reste du monde est impossible, » a rétorqué M. Lavrov lundi. « Tout d'abord parce que nous sommes une grande puissance, indépendante et qui sait ce qu'elle veut. Et deuxièmement parce qu'une écrasante majorité de pays ne veulent pas isoler la Russie », a-t-il ajouté.

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