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RDC: des rebelles hutu condamnent de récentes arrestations au Rwanda (FDLR)

20/04/2014 07:20 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

La principale branche de la rébellion hutu rwandaise Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), active dans l'est de la République démocratique du Congo, a condamné de récentes arrestations au Rwanda de personnes accusées de comploter contre Kigali.

"Pour réduire au silence ceux qui refusent d'adhérer à son programme sectaire et anti-démocratique, le gouvernement rwandais a récemment arrêté" le chanteur et pianiste Kizito Mihigo, le journaliste Cassien Ntamuhanga et le soldat démobilisé Jean Paul Dukuze Umuremyi ", en les accusant de collaborer avec les FDLR et le RNC" (Congrès national rwandais, opposition en exil), dénonce dans un communiqué publié samedi le colonel Willy Irategeka, secrétaire exécutif par intérim des Forces combattantes Abacugunzi (Foca).

La police rwandaise dit avoir des preuves que les trois hommes participaient à l'organisation d'un attentat contre l'Etat, en collaboration avec le RNC, associé à Patrick Karegeya, l'ancien chef de l'espionnage rwandais assassiné en Afrique du Sud début 2014.

Ils sont aussi accusés de collaborer depuis un certain temps avec les FDLR, dont des membres sont accusés d'avoir participé activement au génocide des Tutsi par les Hutu en 1994 au Rwanda.

"La persécution et les tactiques de terrorisme du FPR (Front patriotique rwandais, qui mit fin au génocide avant de prendre le pouvoir) doivent cesser et être condamnées par le monde entier, ceux arrêtés et emprisonnés à cause de leurs opinions doivent être libérés", plaident les FDLR en kinyarwanda et en anglais.

"Beaucoup d'autres ont été arrêtés sur de fausses accusations de collaborer avec les FDLR", notamment dans le nord du pays, poursuit le texte, affirmant que, "craignant d'être persécutés", des Rwandais se réfugiaient dans l'est du Congo.

Fin 2013, les Foca ont une nouvelle fois annoncé un dépôt des armes et exigé avant leur reddition l'ouverture d'un dialogue avec Kigali, qui s'y refuse.

Appelant à une "résolution pacifique des problèmes du Rwanda", les FDLR assurent qu'elles n'ont "aucune intention de lancer des conflits ou de créer de l'insécurité au Rwanda", pays au développement exemplaire mais meurtri par de sporadiques attaques à la grenade.

Les Foca comptent environ 1.500 hommes selon l'ONU, contre environ 4.000 selon Kigali. Elles sont surtout disséminées dans les riches provinces du Kivu, où elles sont accusées de graves exactions. L'armée et les Casques bleus promettent depuis plusieurs semaines de les "neutraliser".

hab/aub

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