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Otages français libérés: certains des geôliers en Syrie parlaient français (Fabius)

20/04/2014 05:48 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Certains des geôliers des quatre journalistes français libérés après dix mois de captivité en Syrie parlaient français, a affirmé dimanche le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

Interrogé sur la présence de geôliers des ex-otages, qui parlaient français, le ministre a répondu: "Malheureusement oui!".

"Il y a des Français, des Belges, des Italiens, des Européens en général, qui sont partis faire le jihad" en Syrie, a ajouté Laurent Fabius interrogé lors du Grand rendez-vous I-télé, Europe 1, Le Monde.

Les quatre otages étaient aux mains de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes jihadistes en Syrie.

"Il faut être très discret car les terroristes utilisent tout contre les otages eux-mêmes", a-t-il souligné en rappelant que des journalistes d'autres nationalités, une vingtaine selon lui, sont toujours détenus en Syrie.

Didier François, grand reporter à la radio Europe 1, et le photographe Edouard Elias avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013. Nicolas Hénin, reporter à l'hebdomadaire français Le Point, et Pierre Torrès, photographe indépendant, avaient été enlevés le 22 juin à Raqqa.

Ils ont été retrouvés par une patrouille de l'armée turque dans la nuit de vendredi à samedi dans le no man's land de la frontière séparant la Turquie et la Syrie, près de la petite ville turque d'Akçakale (sud-est).

M. Fabius a précisé qu'ils "ont été lâchés près de la frontière turque, ils sont arrivés en Turquie, les Turcs ne savaient pas qui ils étaient" et ont procédé à des vérifications. "Samedi au petit matin, nous avons été avertis par le patron des services secrets" français", a-t-il raconté.

Comme certains des quatre ex-otages l'ont laissé entendre, "ils ont été traités très durement", a souligné le ministre.

"L'Etat français ne paie pas de rançons. C'est une instruction du président de la République que nous respectons", a répété le chef de la diplomatie. Il n'y a pas eu non plus de livraisons d'armes en échange de ces nouvelles libérations, a-t-il assuré.

La veille, un député français, Alain Marsaud, avait estimé que "si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place". "Nos amis, soit qataris soit des Emirats arabes unis, ont dû faire un geste. Est-ce que ce geste c'est de l'argent, est-ce que ce geste ce sont des armes? Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais", avait déclaré M. Marsaud

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