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Nigeria: une ville du nord attaquée, une résidence pour enseignants incendiée

20/04/2014 10:44 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Des hommes armés ont attaqué dimanche une localité du nord du Nigeria et incendié le foyer des professeurs d'un lycée de jeunes filles mais les 195 pensionnaires sont sorties indemnes des violences, ont déclaré un enseignant et la police.

Cette attaque dans l'Etat de Bauchi intervient près d'une semaine après l'enlèvement lundi 14 avril de 129 lycéennes par le groupe islamiste Boko Haram dans la région de Chibok, dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du pays. Quarante-quatre adolescentes se sont depuis échappées mais on restait dimanche sans nouvelles de 85 autres.

"Vers 02h30 (01H30 GMT), des hommes en armes non identifiés ont lancé plusieurs attaques coordonnées contre la localité de Yana," a indiqué le porte-parole de la police de Bauchi, Haruna Mohammed.

Ils ont incendié "plusieurs immeubles dont la résidence des enseignants d'un lycée de filles, ainsi qu'un bloc d'immeubles de la police, une cour de justice islamique et le secrétariat du gouvernement local", a-t-il précisé à l'AFP, sans fournir plus de détails.

Le porte-parole n'a pas fourni de bilan de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

L'Etat de Bauchi a été le théâtre de maintes attaques de la part du groupe Boko Haram qui mène depuis 2009 une insurrection qui a fait des milliers de morts.

Selon un enseignant qui a requis l'anonymat, les assaillants semblent avoir délibérement épargné le bâtiment abritant les jeunes filles.

"Ils n'ont attaqué que les foyers des enseignants, sans s'approcher du dortoir des jeunes filles", a-t-il ajouté.

"195 lycéennes y sont pensionnaires et préparent leurs examens de fin d'année, mais aucune n'a été touchée", a-t-il poursuivi, ce qui constitue "un grand soulagement étant donné ce qui s'est passé à Chibok."

L'assaut sans précédent sur Chibok a provoqué une grande émotion dans la population dont des parents ont exhorté Boko Haram à libérer les lycéennes qui, selon des rescapées, sont gardées dans une forêt où les insurgés ont des bases fortifiées.

Des habitants ont réclamé que l'armée lance une opération plus musclée, les efforts pour retrouver les jeunes filles s'étant avérées vaines jusqu'à présent et des familles ont entrepris d'organiser elles-mêmes des recherches.

Boko Haram, dont le nom signifie "L'éducation occidentale est un péché" en langue haoussa, a souvent pris pour cible des écoles et des universités depuis le début de l'insurrection.

Dans un rapport publié en avril, l'institut d'études International Crisis Group (ICG) a estimé que Boko Haram semblait plus divisé que jamais, avec diverses factions poursuivant des objectifs différents et les attaquants de Bauchi pourraient appartenir à une branche moins extrémiste.

Le chef du groupe a par ailleurs revendiqué l'attentat qui a fait 75 morts lundi dernier dans une gare routière d'Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.

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