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Une Iranienne condamnée à mort pourrait être pardonnée (fils de la victime)

19/04/2014 06:30 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

Une jeune iranienne, Reyhaneh Jabbari, condamnée à mort pour le meurtre d'un homme, pourrait être pardonnée si "elle dit la vérité", a déclaré samedi le fils de sa victime au quotidien Etemad.

"Dans ses aveux, elle a déclaré qu'un homme était dans l'appartement au moment où mon père a été poignardé, mais elle refuse de donner son identité", a déclaré Jalal, le fils de Morteza Abdolali Sarbandi.

"Si elle dit la vérité, elle sera pardonnée, sinon elle subira la loi du talion" et donc la pendaison, a-t-il poursuivi.

Selon la charia, un condamné à mort pour meurtre peut échapper à l'exécution et purger une peine de prison si la famille de sa victime lui pardonne après avoir reçu le "prix du sang", fixé cette année à 1,5 milliards de rials (50.000 dollars).

Reyhaneh Jabbari, âgée aujourd'hui de 26 ans, a été condamnée à mort pour le meurtre en juillet 2007 de Sarbandi, un chirurgien et ancien employé du ministère des Renseignements.

Selon son avocat Abdolsamad Khoramshahi, cité par l'agence de presse officielle Irna, la date de l'exécution n'a pas encore été fixée.

Lundi à Genève, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'Homme en Iran, Ahmed Shaheed, a exhorté Téhéran à organiser un nouveau procès "en s'assurant que les droits de la défense seront garantis", s'inquiétant des conditions de l'interrogatoire de Mme Jabbari et de la réticence de la cour à prendre en compte des éléments à décharge.

"Selon des sources fiables" citées par M. Shaheed, M. Sarbandi a proposé à Mme Jabbari, une décoratrice d'intérieur, de refaire son bureau et l'a emmenée chez lui où il l'a agressée physiquement et sexuellement. Pour se défendre, elle l'a poignardé avant de s'enfuir et d'appeler une ambulance, selon M. Shaheed.

Le fils de la victime a lui affirmé que Reyhaneh Jabbari avait acheté un grand couteau peu avant le meurtre et avait "envoyé un sms à son petit ami, affirmant qu'elle devait (...) tuer" Sarbandi. Selon Jalal Sarbandi, cela prouverait ainsi qu'il s'agit d'un meurtre avec préméditation, dont il a dit ne pas connaître les motivations.

"Elle a enfoncé le couteau sur 30 centimètres", ne laissant aucune chance à mon père qui "faisait la prière", a ajouté le fils.

Des artistes iraniens se sont mobilisés pour tenter de sauver Reyhaneh, a déclaré jeudi son avocat.

Plus de 170 personnes, y compris au moins deux femmes, ont été exécutées depuis le début de l'année en Iran.

sgh/vl

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