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Tracts antisémites en Ukraine: le Premier ministre s'insurge, demande justice (presse)

19/04/2014 10:10 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre ukrainien a exprimé son indignation après la distribution dans l'est de l'Ukraine de tracts antisémites ordonnant aux Juifs de s'enregistrer comme tels, et a demandé que "ces salauds" soient traduits en justice.

Des membres de la communauté juive de la ville orientale de Donetsk, en proie à une insurrection pro-russe, se sont déclarés vendredi bouleversés par la distribution de tracts antisémites ordonnant aux Juifs de s'enregistrer comme tels auprès des autorités séparatistes autoproclamées de la région sous peine de déportation ou de voir leurs biens confisqués.

Dans une interview à la chaîne NBC qui devait être diffusée dimanche, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a déclaré qu'il voulait "presser les forces militaires et de sécurité ukrainiennes, et le département ukrainien de la Sécurité intérieure de trouver de toute urgence ces salauds et de les traduire en justice".

L'incident s'est produit mardi près de la synagogue de Donetsk, dont sortaient une vingtaine de fidèles venant de célébrer la deuxième journée de Pessah, la Pâque juive.

Trois hommes masqués ont alors distribué les tracts, qui portaient le symbole de la République séparatiste de Donetsk ainsi que le drapeau russe.

L'incident rapporté dans les médias israéliens et américains a provoqué un tollé et le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est insurgé jeudi contre cette pratique lors d'une conférence de presse à Genève au terme d'une réunion avec la Russie, l'Ukraine et l'UE qui avait pour objectif de faire baisser les tensions en Ukraine.

"C'est non seulement intolérable, c'est grotesque. C'est au-delà de l'inacceptable", a lancé M. Kerry.

Le président américain Barack Obama a lui exprimé son "écoeurement".

M. Iatseniouk a également déclaré que le "président (Vladimir) Poutine a un rêve de restaurer l'Union soviétique. Et chaque jour, il va de plus en plus loin, et ne sait pas qu'elle est la destination finale".

"Je considère que le plus grand désastre de ce siècle serait la restauration de l'Union soviétique sous les auspices du président Poutine", a-t-il insisté.

Washington, Kiev, et de nombreux Etats européens accusent Vladimir Poutine d'être derrière l'insurrection qui secoue l'Ukraine, envoyant des forces spéciales dont il nie la présence.

Le Kremlin a confirmé vendredi pour la première fois avoir mobilisé des troupes à la frontière avec l'Ukraine "en raison de la situation" dans cette ex-république soviétique voisine. Cette déclaration est apparue comme un signal d'alarme envoyé aux Occidentaux, prévenant que la situation pourrait rapidement dégénérer en cas de nouvelles sanctions.

De son côté, Washington a prévenu Moscou que l'Ukraine se trouve à un "moment charnière" alors que les insurgés pro-russes rejettent l'accord de Genève conclu jeudi entre la Russie, les Etats-Unis, l'Ukraine et l'Union européenne pour désarmer et désoccuper les bâtiments publics investis.

Les autorités devraient annoncer la semaine prochaine le déploiement de troupes américaines en Pologne pour y renforcer la présence de l'Otan, dans un contexte marqué par les tensions dans l'Ukraine voisine, a par ailleurs assuré au Washington Post un ministre polonais.

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