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Pâques: la Grèce attend le "feu sacré", un écrivain s'y brûle les doigts

19/04/2014 07:48 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

Les Grecs s'apprêtent à célébrer la Pâque orthodoxe, plus grande fête du pays, autour du "feu sacré" qui symbolisera samedi soir la résurrection du Christ et arrivera par vol spécial de Jérusalem selon une tradition décriée cette semaine par un écrivain en vue.

"Plus Pâques approche, plus je me répète que nous allons de nouveau dépenser de l'argent pour transporter le -supposé- feu sacré, l'accueillir avec les honneurs d'un chef d'Etat, et plus je deviens profondément anticlérical".

Cet extrait d'une tribune de l'écrivain grec Nikos Dimou, intitulée "anticléricalisme et anticommunisme", a enflammé les médias tout au long de la semaine avec d'autant plus d'écho que cet auteur d'essais à succès, régulièrement traduits, venait de faire une entrée remarquée sur la scène politique.

Il était l'une des figures du nouveau parti "To potami" (la rivière) lancé en mars par un présentateur vedette de la télé grecque et déjà crédité de la troisième place dans les intentions de vote aux européennes.

"J'imagine que Jésus même penserait ainsi, lui qui ne croyait pas aux symboles idolâtres, et distribuerait sans doute l'argent aux pauvres", ajoutait l'écrivain âgé de 69 ans.

Le "feu sacré" de la Pâque orthodoxe sera allumé en fin de journée au Saint-Sépulcre à Jérusalem puis transporté dans la foulée par un vol spécial vers Athènes où il est attendu vers 15h30 GMT. Là il sera reçu avec les honneurs dus à un chef d'Etat avant d'être transporté par d'autres vols spéciaux dans toutes les régions du pays et sur les îles.

Les déclarations de Nikos Dimou ont semblé embarrasser son parti dans un pays à plus de 90% orthodoxe, où l'Eglise n'est pas séparée de l'Etat, et l'écrivain a annoncé jeudi soir qu'il quittait la formation, dont il n'était pas officiellement membre.

Samedi soir, les Grecs, dont beaucoup ont regagné leur île ou village d'origine pour l'occasion, se presseront dans les églises pour y entendre le pope annoncer à minuit que le "Christ est ressuscité", et allumer un cierge au "feu sacré" pascal.

Au retour de l'église, familles et amis dégusteront une "magiritsa", soupe à base d'abâts d'agneaux, marquant la fin du carême. Dimanche, ils se réuniront autour d'un agneau cuit à la broche.

smk/pt

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