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Les quatre journalistes français ex-otages en Syrie dimanche à Paris

19/04/2014 12:08 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

Les quatre journalistes français enlevés en juin 2013 en Syrie ont été libérés et vont regagner dimanche la France après dix mois de captivité dans le pays le plus dangereux du monde pour la presse et les ONG.

Depuis le début de la guerre qui oppose le régime du président Bachar al-Assad aux rebelles ayant juré sa perte au printemps 2011, des dizaines de reporters syriens et étrangers ont été enlevés en Syrie.

La libération des otages français intervient après celle de plusieurs journalistes européens qui se trouvaient aux mains de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes jihadistes en Syrie.

Mais de nombreux journalistes, dont les Américains Austin Tice, disparu depuis août 2012, et James Foley, disparu depuis novembre 2012 et qui a collaboré avec l'AFP, sont toujours otages.

"C'est un bonheur de pouvoir voir le ciel, de marcher et de parler librement", a réagi Didier François, l'un des quatre hommes libérés, auprès de l'agence de presse turque Dogan. "Nous venons tout juste d'arriver de Syrie", a-t-il ajouté, affichant un grand sourire et portant une longue barbe.

Sur son compte Facebook, son compagnon d'infortune, Nicolas Hénin, 37 ans, a écrit un "LIBRES!!!!". "Un immense merci à tous. Très ému de vos messages. Impatient de vous revoir. Je suis fou de joie de retrouver ma famille si géniale...", ajoute-t-il.

Dans une déclaration à l'AFP, le président François Hollande avait auparavant annoncé la libération des quatre reporters, Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torrès, otages depuis juin 2013.

Les quatre hommes sont "en bonne santé en dépit des conditions très éprouvantes de leur captivité", avait ajouté le président, exprimant "un immense soulagement".

M. Hollande a indiqué à l'AFP que l'avion ramenant les anciens otages de Turquie se poserait dimanche matin, après 08h00 heure locale (06h00 GMT), à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris. Le président ira les accueillir avec leurs familles à leur descente d'avion.

La présidence française a ensuite précisé dans un communiqué que M. Hollande accueillerait les anciens otages à leur arrivée à la base aérienne "vers 09h00" (07h00 GMT).

- Ligotés et yeux bandés -

Selon l'agence Dogan, les otages ont été retrouvés, ligotés et les yeux bandés, par des soldats turcs à la frontière avec la Syrie. Ils ont été abandonnés par des inconnus dans la nuit de vendredi à samedi dans le no man's land de la frontière séparant la Turquie et la Syrie, près de la petite ville turque d'Akçakale (sud-est), selon l'agence.

La patrouille de l'armée turque a cru dans un premier temps avoir affaire à des contrebandiers. Mais quand les soldats ont vu que les journalistes parlaient français, ils les ont conduits à un poste de police d'Akçakale. Sur les images diffusées par les chaînes de télévision turques, les quatre journalistes, barbus et cheveux longs, paraissent en bonne santé.

Didier François, grand reporter à la radio Europe 1, et le photographe Edouard Elias avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013.

Nicolas Hénin, reporter à l'hebdomadaire français Le Point, et Pierre Torrès, photographe indépendant, avaient été enlevés deux semaines plus tard, le 22 juin à Raqqa.

Selon plusieurs sources, les quatre journalistes étaient ensemble, au moins dans la phase finale de leur captivité, aux mains des mêmes ravisseurs.

"Depuis quelque temps, on avait des nouvelles régulières toutes les trois semaines sur le fait qu'ils étaient détenus ensemble, pas isolés, et qu'ils n'avaient pas subi de trop mauvais traitements", a indiqué Fabien Namias, directeur général d'Europe 1.

"On savait qu'ils allaient bien, qu'ils étaient plusieurs dans une même cellule, que leur santé avait l'air d'aller, qu'ils avaient le droit d'aller aux toilettes deux fois par jour, et qu'il n'y avait pas de maltraitances", a raconté Karen Lajon, journaliste à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche et porte-parole du Comité de soutien Otages en Syrie.

Fin mars, Javier Espinosa et Ricardo Garcia Vilanova, deux journalistes espagnols enlevés par l'EIIL, un groupe armé lié à Al-Qaïda, avaient été libérés après six mois de captivité.

Un journaliste du quotidien catalan El Periodico, Marc Marginedas, enlevé lui aussi par l'EIIL le 4 septembre, avait été libéré le 2 mars.

Selon l'association Reporters sans Frontières (RSF), neuf journalistes étrangers et plus d'une vingtaine d'acteurs syriens de l'information sont toujours otages ou portés disparus en Syrie.

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