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Une messe du Vendredi Saint à Chypre-Nord pour la réconciliation

18/04/2014 02:43 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Les fidèles chypriotes-grecs se sont pressés vendredi après-midi dans une église de Famagouste, dans la partie chypriote-turque de l'île, où l'office du Vendredi Saint a été célébré pour la première fois depuis 58 ans afin d'encourager la réconciliation dans l'île.

Selon un bénévole ayant participé à l'organisation, 3 à 4.000 personnes ont franchi la ligne verte qui coupe l'île en deux pour assister à l'office célébré par l'évêque grec-orthodoxe Vassilis, serrés dans l'église Saint George Exorinos ou en suivant par hauts-parleurs depuis le jardin.

Plusieurs responsables religieux et politiques, chypriotes-turcs et chypriotes-grecs, ainsi que des diplomates étrangers, dont l'ambassadeur des Etats-Unis et un représentant de l'ONU, étaient également présents.

Alors que la liturgie se poursuivait dans la soirée, des centaines de Chypriotes-grecs ont continué à venir se recueillir dans l'église, dans un flot soutenu.

L'île de Chypre est coupée en deux depuis l'invasion turque de 1974 en réaction à une tentative de coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs, mais les tensions communautaires remontent à avant la fin du mandat britannique en 1960.

En raison de ces tensions, les services religieux n'étaient plus célébrés depuis 1956 à St George Exorinos, une église du XIVe siècle, même si un réchauffement dans les relations a permis la célébration de deux messes matinales depuis décembre.

Pour Pavlos Iacovou, président de l'association chypriote-grecque "Famagouste, notre ville", cette célébration historique "a montré que les Chypriotes-grecs et les Chypriotes-turcs pouvaient vivre ensemble".

"C'était comme un miracle", s'est-il réjoui.

Avant l'invasion turque, la cité médiévale de Famagouste était le principal port de Chypre et sa première destination touristique.

Après une série d'échecs et de reports, les négociations directes en vue d'une réunification de l'île ont repris en février, sous l'égide de l'ONU et avec l'appui des Etats-Unis.

En visite à Chypre début avril, le vice-secrétaire d'Etat adjoint américain Eric Rubin s'est déclaré optimiste quant aux chances de l'île de faire bientôt des "progrès historiques".

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