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Un conseiller de François Hollande démissionne pour un conflit d'intérêts

18/04/2014 10:47 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

François Hollande, qui tablait sur « un nouvel élan » après la débâcle des municipales grâce à un remaniement de l'exécutif, subit un coup dur avec la démission vendredi de son conseiller politique Aquilino Morelle.

Ce soutien-clé du chef de l'État, également familier de Manuel Valls qui lui a recommandé de quitter ses fonctions, explique dans sa lettre de démission vouloir se consacrer librement à sa défense au lendemain de la charge de Mediapart, qui l'accuse de conflit d'intérêts.

Aquilino Morelle, énarque de 51 ans qui avait la haute main sur la communication présidentielle, avait été reçu dans la matinée par le premier ministre qui « lui a conseillé de quitter le cabinet du président afin de répondre librement aux questions des journalistes », a-t-on dit dans l'entourage de Manuel Valls.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé dans la foulée l'ouverture d'une enquête sur la déclaration de patrimoine et d'intérêt d'Aquilino Morelle.

Mediapart a révélé que l'ex-conseiller avait travaillé en 2007 pour un laboratoire pharmaceutique danois tout en étant rattaché à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Dans un long « droit de réponse » publié jeudi sur son compte Facebook, Aquilino Morelle se défendait de tout conflit d'intérêts, dénonçant un « article alimenté par des rumeurs et des contre-vérités ». Il affirme de nouveau dans sa lettre, vendredi, n'avoir commis « aucune faute ».

« En tant que fonctionnaire, un certain nombre d'activités annexes sont autorisées par la loi, dont l'enseignement et le conseil », faisait-il notamment valoir sur Facebook.

« Il n'y a pas une république des amis »

Une mise au point de l'IGAS, diffusée vendredi, fragilise toutefois cette défense, l'institution précisant n'avoir pas trouvé trace dans ses archives d'une autorisation en vue d'activités auprès de l'industrie pharmaceutique.

« C'est une décision sage. [...] C'est une affaire privée, qui reste privée », a commenté Olivier Faure, porte-parole du Parti socialiste, en louant la transparence selon lui à l'œuvre depuis le début du quinquennat.

« Il n'y a pas de privilèges, il n'y a pas une République des amis », a-t-il souligné.

« L'affaire », que la dirigeante d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a rapprochée du cas de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac - contraint à la démission en 2013 après avoir menti sur la possession d'un compte bancaire à l'étranger -, a contrarié le premier déplacement national de François Hollande depuis les municipales.

Soucieux de « renouer le contact avec les Français », le président s'est rendu à Clermont-Ferrand, l'une des rares villes de gauche épargnée par la « vague bleue » des 23 et 30 mars, pour visiter une usine du groupe Michelin en compagnie du ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg.

Le plan de 50 milliards d'euros d'économies annoncé mercredi par Manuel Valls, la mise en oeuvre du « pacte de responsabilité et de solidarité », l'aide à la recherche et à l'innovation devaient dominer les échanges, mais les spéculations des médias sur le sort de son conseiller ont brouillé le message.

« La confiance, c'est le mot-clé de cette période, car nous devons dire aux Français que nous avons de très belles entreprises », avait dit François Hollande à son arrivée.

Un nouvel accroc a la république « irréprochable »

Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe  Cambadélis, s'était fait l'écho dès vendredi matin du trouble d'une majorité déjà ébranlée par les revers électoraux et les choix économiques du président.

« Si ce qui est dit est vérifié, je ne vois pas comment il [Aquilino Morelle] reste, si ce n'est pas vrai, il faut qu'il s'explique, qu'il y ait une grande explication pour qu'on puisse y voir plus clair », avait déclaré M. Cambadélis.

Les membres du gouvernement ont été avares de commentaires sur ce nouvel accroc pour François Hollande, avocat d'une présidence « normale » et « irréprochable » qui bat aujourd'hui des records d'impopularité.

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, avait déclaré sur Radio Classique et LCI qu'il appartenait à l'IGAS « de donner les informations relatives à ce qui a été l'activité et le parcours d'Aquilino Morelle dans cette administration ».

« Soit c'est à la justice de rétablir la vérité, soit c'est au principal intéressé de s'expliquer, moi je ne fais jamais de procès d'intention sur la base de révélations journalistiques », avait dit la ministre de l'Écologie Ségolène Royal sur France 2. 

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