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Ukraine : le "niet" des militants pro-russes de Kramatorsk après les accords de Genève

18/04/2014 09:40 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Qu'ils occupent la mairie de Kramatorsk dans l'est de l'Ukraine, ou qu'ils fassent le siège d'une base toute proche de l'armée ukrainienne, les militants pro-russes se disaient vendredi déterminés à poursuivre leur action, ignorant l'accord conclu la veille à Genève.

"Je suis prêt à rester le temps qu'il faudra, jusqu'à ce que tout soit réglé, c'est-à-dire jusqu'à ce que nous obtenions la mise en place d'une fédération", ce que Kiev refuse pour le moment, explique à l'AFP Artour, une casquette vissée sur la tête.

Avec une demi-douzaine d'autres jeunes gens, cet ancien directeur d'une agence de publicité continue de faire le pied de grue, depuis samedi, devant l'amas de pneus et de sacs de sable barrant l'accès à l'hôtel de ville de Kramatorsk, localité située à 100 kilomètres au nord de Donetsk.

Un nombre indéterminé de ses camarades sont retranchés dans deux pièces à l'intérieur de cette bâtisse non loin de laquelle s'élève une imposante statue de Lénine.

Et ce alors qu'en Suisse, jeudi, les parties en présence s'étaient engagées à faire évacuer l'ensemble des bâtiments investis.

Poussé dans ses derniers retranchements, Artour finit toutefois par lâcher : "Je pense qu'encore mieux qu'une fédération, ce serait de s'unir à la Russie", car "je n'ai absolument aucune confiance en Kiev", dont le gouvernement était représenté à Genève aux côtés de celui de Moscou, de l'UE et des Etats-Unis.

D'ailleurs, ajoute le jeune homme, "à part Vladimir Vladimirovitch (Poutine), je ne vois personne digne de devenir notre président". Et d'annoncer qu'il n'ira pas voter à la présidentielle ukrainienne prévue pour le 25 mai, "car aucun des candidats en lice n'a de légitimité".

- "Nous n'avons pas d'armes" -

Interrogé sur le désarmement des groupes d'"autodéfense" comme le sien prévu par l'accord obtenu à Genève, Artour assure qu'"il n'y a pas de terroristes ici, nous n'avons pas d'armes".

"Il est grand temps de loger une balle dans la tête d'(Arseni) Iatseniouk", le Premier ministre ukrainien, est-il cependant écrit sur une affiche apposée à côté de lui sur une barricade, tandis qu'on peut lire sur une deuxième "USA, bas les pattes"...

Deux avions de chasse passent soudain au-dessus de Kramatorsk, sans que nul s'en émeuve.

A quelques kilomètres de là, une poignée d'autres "volontaires" pro-russes montent la garde, cette fois à l'entrée d'une base aérienne ukrainienne vers laquelle se dirige bruyamment un hélicoptère de transport de troupes.

"Nous resterons jusqu'au bout, jusqu'à ce que la situation soit réglée de manière pacifique", s'enflamme Dima, qui dit travailler dans une usine de la région et être depuis une semaine et demie sur cette route poussiéreuse en travers de laquelle un arbre abattu a été posé.

Il clame lui aussi haut et fort ne pas être armé et ne recevoir "aucun ordre de quiconque".

A une tentative faite en présence de l'AFP de "négocier" avec un officier ukrainien, le petit groupe se voit rétorquer par ce dernier qu'il n'hésitera pas à faire ouvrir le feu si les "civils" comme lui tentaient d'aventure de s'introduire de force dans la base.

La situation est d'autant plus complexe que "tout le monde (dans l'est de l'Ukraine) n'est pas au courant" de l'accord de Genève, confie Lukas Walther, un observateur suisse de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) arrivé il y a quinze jours dans la région et qui se trouvait également vendredi, avec deux de ses collègues, aux abords de ces installations militaires.

Sur la route de Kramatorsk à Donetsk, des militants pro-russes filtraient toujours la circulation à des points de contrôle improvisés, signe là aussi du statu quo régnant depuis la rencontre internationale de jeudi.

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