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Procès à New York: Abou Hamza était celui qui permettait d'aller en Afghanistan (témoin)

18/04/2014 01:39 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Abou Hamza était celui qui donnait la permission d'aller en Afghanistan pour le jihad, a déclaré vendredi un témoin, au deuxième jour du procès à New York de l'ancien imam londonien, jugé pour prise d'otages et complot terroriste.

David Smith, un Américain qui s'était converti à l'islam à 17 ans en 1997, a expliqué qu'il écoutait les prêches enregistrés d'Abou Hamza depuis la mosquée Dar Es Salam à Seattle (nord-ouest des Etats-Unis), et qu'il avait participé dans cette mosquée à une réunion sur les conditions pour partir combattre en Afghanistan. Celle-ci était animée par Feroz Abbasi, un Britannique ayant ensuite passé plusieurs années à Guantanamo.

"Il m'a dit qu'il fallait que je sois disponible pour le Cheikh", et qu'avec de l'obéissance et une "bonne personnalité", "avec la permission du Cheikh, il me donnerait l'autorisation de me rendre dans les montagnes" d'Afghanistan, a déclaré David Smith.

"Pour le jihad", a précisé ce témoin -- le deuxième cité par l'accusation depuis le début du procès jeudi.

David Smith, qui s'était rendu à Londres en 1999 pour y rencontrer Abou Hamza dans sa mosquée de Finsbury park, a également raconté qu'il avait été entraîné au maniement des armes dans la mosquée de Seattle avec cinq ou six autres fidèles, par un musulman de nationalité suédoise, Oussama Kassir, aussi connu sous le nom d'Abou Kadija.

Kassir était arrivé fin 1999 à Seattle depuis Londres avec femme et enfants, envoyé par Abou Hamza avec un autre musulman britannique, Haroon Agwat, qui mourra plus tard en Afghanistan.

Kassir leur avait expliqué comment démonter et remonter une Kalachnikov AK 47, et la rendre complètement automatique. Il leur avait appris à fabriquer un silencieux, et leur avait dit que l'AK 47 pouvait être modifié pour s'adapter à des grenades. Et il avait souligné qu'à l'inverse d'autres semi-automatiques, l'AK 47 "déchirait la chair" lorsqu'il pénétrait un corps, a raconté Smith.

Abou Hamza, 56 ans, borgne et amputé des deux avant-bras, est inculpé de 11 charges dont prise d'otages et complot terroriste. Selon l'accusation, il avait envoyé Oussama Kassir et Haroon Agwat pour monter un camp d'entraînement au jihad à Bly dans l'Oregon (nord-ouest).

Hamza, d'origine égyptienne, de son vrai nom Mustapha Kamel Mustapha, a plaidé non coupable et risque la réclusion à perpétuité.

Cheveux coupés ras et barbe blanche, il suit attentivement les débats, prenant des notes avec une prothèse spéciale.

A l'ouverture du procès, les procureurs l'avaient accusé d'avoir exporté la violence et le terrorisme dans le monde sous couvert de religion.

Son procès, dix ans après son inculpation et 18 mois après son extradition par Londres, doit durer environ un mois.

bd/sam

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