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Mesures pour les foyers modestes, cure de "sobriété" pour l'Etat : Renzi précise son plan

18/04/2014 02:31 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Allègement d'impôt de 80 euros pour les foyers modestes, baisse des charges sur le travail, cure de "sobriété" dans le public : Matteo Renzi a précisé vendredi les mesures "révolutionnaires" pour "stimuler" la croissance et "redonner confiance" aux Italiens.

Le jeune chef du gouvernement italien a confirmé l'adoption le jour même par le conseil des ministres de deux mesures phare : une baisse d'impôt "à partir du mois de mai" de 80 euros par mois à 10 millions de personnes touchant entre 8.000 et 26.000 euros par an, ainsi que la baisse de 10% des charges sur le travail.

L'ex-maire de Florence n'a pas chiffré ces dépenses mais, pour les combler, a annoncé une série de mesures d'économies qu'il a estimées à "6,9 milliards en 2014 et 15 à 17 milliards en 2015".

"C'est une révolution structurelle. Pour la première fois, l'Etat est en train de redistribuer leur argent aux Italiens", a-t-il souligné à plusieurs reprises, au cours d'une conférence de presse donnée sur un ton étonnamment badin.

"Je suis heureux parce que nous démentons les oiseaux de mauvais augure qui répétaient qu'on ne trouverait pas l'argent pour couvrir les dépenses, et parce que, d'une façon générale, nous entrons dans un processus de réorganisation de l'Etat", a-t-il dit.

Parmi les mesures d'économie, il a cité des coupes de 2,10 milliards dans les budgets des institutions locales, régionales, et des ministères, dont 400 millions au seul ministère de la Défense. Ces institutions ont 60 jours pour décider comment opérer ces coupes "intelligemment", faute de quoi c'est le gouvernement qui s'en chargera, a-t-il averti.

L'Etat italien entend également récupérer 900 millions grâce à des mesures de "sobriété" dans le secteur public.

M. Renzi s'est ainsi attardé sur la vente d'une partie du parc automobile public -limité à cinq voitures de fonction par ministère-, l'abolition des tarifs postaux préférentiels pour les partis politiques pendant la campagne électorale, l'arrêt du "gaspillage d'espace" dans les bureaux publics, avec l'obligation de réduire ceux-ci de 44 m2 en moyenne à 24 m2 par employé.

Il a rappelé la limitation à 240.000 euros annuels des salaires des dirigeants d'entreprises publiques et confirmé la suppression des provinces -échelon administratif entre les communes et les régions- dont il espère récolter 100 millions.

Le gouvernement entend récupérer 300 millions avec la lutte contre l'évasion fiscale et va obliger les autorités à publier leurs dépenses en ligne. "C'est une Italie plus simple", a estimé M. Renzi.

"C'est une révolution structurelle", a expliqué son ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan. "Si nous faisons les comptes non seulement sur la couverture des dépenses mais en pensant aux impacts sur le PIB, il y a un ajustement structurel positif", a-t-il estimé, misant sur "une croissance plus robuste".

Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (droite, opposition), a estimé que M. Renzi "vendait du vent et récolterait la tempête lorsque la Commission européenne ferait connaître sa réponse" à la demande de l'Italie de reporter à 2016 le retour à l'équilibre budgétaire, a déclaré l'un de ses responsables, Osvaldo Napoli.

Le Parti démocrate (PD, centre gauche), parti de M. Renzi, s'est pour sa part félicité que le gouvernement "tienne sa parole, redonnant crédibilité à la politique".

Pour Tito Boeri, économiste à la prestigieuse université milanaise Bocconi, "il s'agit de mesures timides et temporaires, même si le gouvernement les souhaite structurelles", mais elles visent à "appliquer le plus possible les promesses faites le 12 mars" par M. Renzi, peu après son arrivée à la tête du gouvernement.

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