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Ukraine: Poutine appelle au "dialogue" mais maintient la pression militaire

17/04/2014 09:41 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Vladimir Poutine a prôné jeudi "le dialogue" comme seule issue à la crise en Ukraine, réclamant des "garanties" pour les populations russophones de l'Est, mais le président russe a néanmoins maintenu la pression, n'excluant pas totalement l'option militaire.

"Je tiens à rappeler que le Conseil de la Fédération russe (chambre haute) a octroyé au président le droit d'utiliser les forces armées en Ukraine. J'espère fortement que je ne serai pas obligé de recourir à ce droit", a-t-il souligné lors de sa séance annuelle de questions-réponses télévisée.

Le président russe a affirmé à plusieurs reprises qu'il défendrait "à tout prix" les populations russophones de l'ex-URSS.

Or, le Kremlin a assuré lundi qu'il recevait "de nombreux appels à l'aide" des régions insurgées de l'Est de l'Ukraine, laissant craindre une éventuelle intervention, comme ce fut le cas en Crimée, qui a été rattachée à la Russie après un référendum en mars, malgré les protestations occidentales.

M. Poutine s'est montré ferme jeudi face aux Occidentaux, déclarant que l'Otan ne lui faisait "pas peur".

"Nous n'avons pas peur. Je n'ai pas peur et personne ne doit avoir peur", a déclaré le président russe, qui avait été interpellé par le journaliste vedette Dmitri Kisselev, qui a comparé l'Alliance atlantique à une "tumeur cancéreuse" en progression.

"Nous pouvons nous-mêmes tous les étouffer, pourquoi avez-vous peur ?", a lancé M. Poutine.

Pour autant, Vladimir Poutine a débuté son intervention en appelant au "dialogue", selon lui seule issue à la crise, alors que des pourparlers quadripartites (USA-UE-Russie-Ukraine) s'ouvraient au même moment à Genève.

"J'estime très important le début des pourparlers aujourd'hui, parce qu'à mon avis il est très important de réfléchir ensemble à une issue à la crise, de proposer un vrai dialogue", a-t-il dit.

"Ce n'est que par le dialogue, lors de procédures démocratiques, et non en utilisant les forces armées, les tanks et l'aviation que l'on peut mettre de l'ordre dans le pays", a-t-il souligné.

Le président russe a également exigé des autorités de Kiev des "garanties" que les droits des minorités russophones de l'est du pays soient respectés.

"La question n'est pas de savoir ce qui va se produire d'abord - un référendum sur la décentralisation et le fédéralisme, et après l'élection, ou bien d'abord l'élection (présidentielle, ndlr)", a affirmé M. Poutine. "La question est que soient garantis les droits et les intérêts légitimes des citoyens russes et russophones du Sud-est de l'Ukraine", a-t-il dit.

De violents troubles secouent l'Est de l'Ukraine, où se font face forces armées ukrainiennes et insurgés pro-russes, qui réclament un rattachement à la Russie ou au minimum la "fédéralisation" de l'Ukraine.

Selon Kiev et les Occidentaux, ces groupes armés présents dans l'Est, ironiquement baptisés "hommes verts" en Ukraine, sont en fait des soldats d'élite russes, comme ceux qui étaient à l'oeuvre en Crimée.

M. Poutine a reconnu pour la première fois jeudi la présence de forces armées russes dans la péninsule lors du référendum. "Il fallait protéger les gens", a-t-il justifié.

Mais quant aux affirmations sur l'implication de forces russes dans les troubles actuels dans l'Est de l'Ukraine, "tout cela n'est que foutaises", a-t-il dit.

pop/lap/plh

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