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RDC: l'ONU appelle à une mobilisation internationale contre la crise humanitaire dans le Sud-Est

17/04/2014 01:13 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

L'ONU a appelé jeudi à une "forte mobilisation nationale et internationale" pour gérer la grave crise humanitaire qui sévit au Katanga, une province du Sud-Est de la République démocratique du Congo en proie à de violents groupes armés qui provoquent d'importants déplacements de population.

"Aucun signe ne laisse présager une amélioration de la situation humanitaire dans les six mois à venir - sauf si (...) une forte mobilisation nationale et internationale se mettait en place", estime le Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) dans une note d'information.

"Il ne se passe pas une seule semaine sans que les (miliciens) Maï-Maï n'attaquent des villages" notamment dans le "Triangle de la mort", situé dans le nord-Katanga et délimité par les territoires de Pweto, Manono et Mitwaba, alerte Ocha, espérant une mobilisation accrue de la RDC, des humanitaires et des bailleurs de fonds.

L'insécurité est causée par des miliciens indépendantistes dits "Bakata-Katanga" et des groupes armés locaux d'auto-défense. Depuis fin 2013, les attaques (pillages, incendies, enrôlement d'enfants...) se sont multipliées et se sont étendues vers le Sud de la province.

De janvier à mars, "plus de 35 attaques de Maï-Maï ont été rapportées", "plus de 1.500 habitations (...) ont été incendiées, dont 875 dans le territoire de Pweto", et "près de 100.000 ont fui leurs habitations", énumère Ocha.

Le Katanga compte désormais 500.000 déplacés, contre 50.000 en décembre 2011, et 36% d'entre eux se trouvent à Pweto. Dans toute la riche province minière, "86% des déplacés se trouvent dans des familles d'accueil, elles-mêmes souvent démunies", souligne Ocha.

"Aujourd'hui, précise-t-il, plus de 80% des ménages déplacés souffrent de l'insécurité alimentaire faute d'accès à leurs champs et d'approvisionnement des marchés locaux en produits de première nécessité. Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes et allaitantes souffrent de la malnutrition."

Fin mars, Médecins sans frontières (MSF) avait jugé que, malgré une accalmie dans les attaques, la situation humanitaire restait "préoccupante" dans le "Triangle de la mort", où des forces spéciales égyptiennes de la Mission de l'ONU (Monusco), l'une des plus importantes au monde, ont été deployées en renfort des Casques bleus béninois.

hab/sba

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