NOUVELLES

Procès Ruto : la CPI veut obliger huit témoins à comparaître

17/04/2014 12:10 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

La Cour pénale internationale a cité à comparaître huit témoins dans le procès du vice-président kényan William Ruto, tentant pour la première fois d'obliger des personnes refusant de témoigner à se présenter devant la Cour.

"La chambre a accepté la requête du procureur sur la délivrance de citations à comparaître pour huit témoins kényans", a indiqué la CPI dans un communiqué.

"Selon l'accusation, ces témoins ne coopèrent plus avec l'accusation ou ont informé le bureau du procureur qu'ils ne veulent plus témoigner", a ajouté la même source.

Le bureau du procureur estime que les témoignages de ces huit Kényans pourraient être "très significatifs".

Le traité fondateur de la CPI, le Statut de Rome, ne dit pas explicitement que la Cour peut émettre des citations à comparaître, et les experts sont divisés sur le droit des juges à le faire.

William Ruto, 47 ans, est le premier haut dirigeant en fonction à être jugé par la CPI. Son procès avait commencé le 10 septembre. Il comparaît libre.

Il est accusé d'avoir orchestré certaines des violences post-électorales qui avaient déchiré le Kenya fin 2007-début 2008 et avaient fait plus de 1.000 morts et 600.000 déplacés. Son co-accusé, le présentateur de radio Joshua Arap Sang, 38 ans, doit répondre de charges similaires.

La CPI a ordonné jeudi au Kenya de coopérer pleinement en exécutant les citations à comparaître, même si, selon les médias kényans, Naïrobi a déjà dit qu'elle n'exécuterait pas les citations à comparaître de la CPI pour des témoins.

Le président kényan Uhuru Kenyatta est lui aussi poursuivi devant la CPI. Son procès a été reporté à plusieurs reprises en raison du manque de preuves et du désistement de témoins-clés.

Les procédures contre ces hauts responsables kényans ont connu de nombreuses difficultés, notamment à cause des questions d'intimidation de témoins et de faux témoignages.

Nairobi avait rejeté en février les accusations selon lesquelles le Kenya ne coopère pas suffisamment avec la CPI.

ndy/cjo/sba

PLUS:hp