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Poutine persévère avec l'arme du gaz, les Européens prêts à discuter

17/04/2014 09:59 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Le président russe Vladimir Poutine a une nouvelle fois brandi jeudi la menace de couper le robinet du gaz en direction de l'Ukraine, lui donnant un mois pour régler la question de ses paiements, alors que les Européens, dont les livraison risquent d'être perturbées, se disent prêts à discuter.

"Nous allons patienter encore un mois. Mais si d'ici un mois il n'y a aucun paiement, alors, conformément au contrat, nous passerons au prépaiement", a dit M. Poutine lors d'une séance de questions-réponses télévisée.

Le président russe Vladimir Poutine avait déjà évoqué cette menace la semaine dernière, sans fixer de délai.

Kiev a accumulé 2,2 milliards de dollars en factures de gaz russe impayées, et refuse l'augmentation de 80% du tarif décidé début avril par Moscou.

Passer à un système de prépaiement reviendrait de facto à couper le gaz à l'Ukraine, au risque de perturber les livraisons vers l'Union européenne comme lors des "guerres du gaz" de 2006 et 2009.

Dans une lettre à 18 dirigeants européens, dont 13 États membres de l'UE, rendue publique le 10 avril, M. Poutine avait déjà mis en demeure les Européens d'assurer le paiement des milliards de dette de l'Ukraine faute de quoi leur approvisionnement serait menacé.

Menace d'autant plus pesante pour l'Union européenne, que celle-ci importe le quart de son gaz de Russie, dont près de la moitié transite par l'Ukraine.

Le président russe avait exigé des consultations pour mettre sur pied des mesures conjointes de stabilisation de l'économie de l'Ukraine et pour assurer les livraisons et le transit du gaz russe.

Jeudi, dans une lettre adressée à Vladimir Poutine, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a annoncé que l'UE acceptait de mener de telles discussions.

"Il est de notre intérêt commun d'engager rapidement ces discussions incluant l'Ukraine", a-t-il déclaré, dans cette lettre rendue publique avant les déclarations de M. Poutine fixant un délai d'un mois aux Ukrainiens.

Elles devraient "aider à éviter un scénario extrême", a ajouté M. Barroso, mettant cependant en garde le président russe contre l'emploi de menaces.

"La fiabilité contractuelle de la Russie en tant que fournisseur de gaz est en jeu", a-t-il prévenu. "Nous vous appelons fermement à éviter de telles mesures, qui susciteraient des doutes sur votre volonté d'être considéré comme un fournisseur de gaz fiable en Europe", a-t-il insisté.

De son côté, M. Poutine a estimé que l'Europe ne pouvait pas se passer des importations de gaz russe. "Ce n'est pas possible", a-t-il dit.

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