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«Nous nous sentions comme des esclaves», disent des travailleurs étrangers embauchés par McDo

17/04/2014 07:40 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT
AP
FILE - In this Friday, Oct. 4, 2013, file photo, a McDonald's restaurant sign is seen at a McDonald's restaurant in Chicago. McDonald's Corp. has shut down a website, Thursday, Dec. 26, 2013, intended to provide employees with work and life guidance after it generated negative publicity for the fast-food company. (AP Photo/Nam Y. Huh, File)

Des travailleurs étrangers temporaires béliziens à Edmonton clament que McDonald's les a forcés à partager un appartement dispendieux, tout en déduisant le loyer de leurs paies.

« Nous nous sentions comme des esclaves », lance l'ex-employé Jamie Montero, qui est arrivé du Belize avec quatre autres travailleurs étrangers temporaires en septembre dernier. « Nous n'avons signé aucun contrat pour habiter dans l'immeuble à appartements où nous étions. Nos contrats ont été signés par McDonald's. Toutes nos factures de services publics étaient au nom de McDonalds. »

McDonald's logeait les travailleurs béliziens dans un immeuble à appartements du centre-ville d'Edmonton, même s'ils travaillaient dans l'extrémité sud de la ville. La compagnie a signé un bail de six mois et s'attendait, selon les travailleurs, à ce que ceux-ci demeurent locataires durant ce temps. « C'était trop loin du lieu de travail et c'était très cher », affirme M. Montero, selon qui il lui fallait une heure et demie pour se rendre au travail en transport en commun.

« Ils ont même dit que si nous quittions notre appartement pour aller en louer un autre, la compagnie déduirait quand même le loyer de nos salaires », soutient un autre employé, qui a demandé à ne pas être nommé parce qu'il travaille encore chez McDonald's.

Les baux montrent que McDonald's payait un total de 2359 $ par mois pour l'appartement et ne payait pas pour les services publics ou d'autres frais. Cependant, elle déduisait 280 $ aux deux semaines sur les paies de cinq employés, récoltant ainsi 3030 $ par mois. Cela laisse entendre qu'elle percevait 671 $ de plus que le prix du loyer.

Le loyer a expiré à la fin février. Depuis, les travailleurs béliziens ont trouvé un appartement plus abordable.

Kenney : si coercition il y a, la police doit enquêter

Si les travailleurs étrangers pensent qu'on les a forcés à vivre quelque part où ils ne voulaient pas habiter, cela mériterait une enquête policière, croit le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney.

« Personne, pas même un employeur, ne peut forcer quelqu'un à vivre quelque part, les gens sont libres de choisir où ils veulent vivre », a tranché celui dont le ministère enquête sur l'usage que fait McDonald's du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Jamie Montero et les autres travailleurs béliziens ont été recrutés par Actyl, une entreprise qui fait venir des étrangers pour qu'ils travaillent dans des restaurants McDonald's de l'Ouest canadien. Actyl s'est décrit auprès de l'équipe Go Public de CBC comme une agence « sans frais », laissant entendre qu'elle n'exige pas d'argent des travailleurs étrangers.

Pourtant, des documents montrent que les travailleurs béliziens ont payé environ 600 $ chacun, pour le traitement des visas, des examens médicaux et leur voyage en autobus jusqu'à l'aéroport de Cancún. Selon M. Montero et l'employé qui tient à ne pas être nommé, la présidente d'Actyl, Linda West, a promis que les frais seraient remboursés par McDonalds une fois au Canada.

Les Béliziens disent que McDonald's ne les a jamais remboursés. 

Selon le ministre Kenney, la plupart des employeurs remboursent les frais associés aux permis de travail. « Nous exigeons aussi que l'employeur paie les frais associés au déplacement », précise-t-il.

Pas d'heures supplémentaires

Mme West a aussi promis aux Béliziens qu'ils feraient beaucoup d'heures supplémentaires, disent-ils. L'offre d'emploi qu'ils ont signée au Belize mentionne une telle possibilité. « McDonald's a ensuite dit qu'elle ne donnait pas d'heures supplémentaires aux étrangers », indique toutefois M. Montero, pour qui ces heures, payées à 16,50 $, étaient plus alléchantes que le taux horaire régulier.

En outre, les contrats d'embauche stipulent que McDonald's ne fournirait pas le logement. « Au Belize, il n'y avait rien dans le contrat sur l'endroit où nous allions habiter », argue l'employé qui tient à ne pas être nommé.

Questionnée par CBC sur les présumées promesses sur le temps supplémentaire et les remboursements de frais, Linda West a répondu : « Ces déclarations sont tout à fait fausses ». 

Le porte-parole de MacDonald's Canada Richard Ellis a quant à lui confirmé les modalités de l'entente sur la location de l'appartement.

Il a également réagi en soulignant que Jamie Montero est mécontent. « Il a été congédié après seulement deux mois, avant la fin de sa période de probation, dit-il. Je suggère respectueusement que les dires d'un ex-employé évidemment mécontent ne constituent pas le genre d'information qui devrait vous servir de base de reportage. »  

D'après un reportage de Kathy Tomlinson et l'équipe Go Public

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