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Droits de l'homme: appel à l'ONU à sanctionner des dirigeants nord-coréens

17/04/2014 05:22 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Le président de la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme en Corée du Nord, l'Australien Michael Kirby, a demandé jeudi au Conseil de sécurité d'imposer des sanctions ciblées contre les responsables nord-coréens coupables d'exactions.

"Les coupables doivent rendre des comptes et il faut empêcher d'autres crimes", a martelé M. Kirby lors d'une réunion informelle du Conseil de sécurité convoquée par les Etats-Unis, la France et l'Australie.

"La nouvelle génération de hauts responsables nord-coréens (...) doit comprendre qu'ils seront tenus pour responsables personnellement s'ils commettent des crimes contre l'humanité", a-t-il affirmé. "La commission d'enquête recommande donc au Conseil de sécurité d'adopter des sanctions ciblées contre les principaux responsables de crimes contre l'humanité" en Corée du Nord.

M. Kirby recommande également que le Conseil, seul organe habilité à le faire, saisisse la Cour pénale internationale (CPI). Mais la Chine, qui refuse de faire appel à la CPI et cherche à protéger Pyongyang, opposerait certainement son veto à une telle saisine et sans doute aussi à des sanctions, selon des diplomates à l'ONU.

La Corée du Nord n'a pas envoyé de représentant à la réunion informelle du Conseil, qui s'est tenue à huis clos. La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil, étaient absents, a précisé M. Kirby à la presse.

Des 13 pays membres du Conseil présents, a-t-il souligné, neuf "se sont prononcés expressément en faveur" d'une saisine de la CPI et les quatre autres ont indiqué qu'ils "n'étaient pas opposés" à une telle initiative.

Selon des membres d'ONG présents, parmi les pays qui se sont déclarés favorables figurent la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Lituanie, l'Australie et le Chili.

"La communauté internationale a exprimé aujourd'hui son sentiment très fort qu'il faut faire quelque chose" en faveur des droits de l'homme en Corée du Nord, a affirmé M. Kirby.

Les conclusions de la commission d'enquête, que M. Kirby a rappelées lors de son intervention dont l'AFP a obtenu copie, avaient été publiées fin février.

Pour la première fois, des juristes mandatés par l'ONU ont établi un réquisitoire accablant et argumenté contre le régime nord-coréen, l'accusant de crimes contre l'humanité à grande échelle.

La commission estime que "des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années" et que "80.000 à 120.000 prisonniers politiques sont actuellement détenus dans quatre grands camps".

Elle évalue en outre "à plus de 200.000, y compris des enfants", le nombre de disparitions, qu'il s'agisse de Sud-Coréens partis au Nord, de personnes d'origine coréenne venues du Japon, mais aussi de Japonais et de Chinois.

"Pour la première fois de son histoire, le Conseil de sécurité a été confronté avec les crimes répugnants commis par le gouvernement nord-coréen contre son peuple", a commenté le directeur exécutif de Human Rights Watch, Kenneth Roth.

"Face à une répression aussi sévère, il serait déraisonnable pour le Conseil de continuer à limiter son travail sur la Corée du Nord à la seule question nucléaire", c'est-à-dire les essais nucléaires et balistiques de Pyongyang interdits par l'ONU, a-t-il ajouté en se prononçant pour une saisine de la CPI.

avz/gde

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