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Côte d'Ivoire: Total réalise une deuxième découverte de pétrole en un an

17/04/2014 07:05 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

La Côte d'Ivoire pourrait elle devenir un producteur important de pétrole à l'image de son voisin le Ghana ? Le géant pétrolier français Total a en tout cas donné jeudi un peu plus de corps à cette hypothèse, en annonçant avoir effectué sa deuxième découverte d'or noir en un an au large de ce pays.

Total a annoncé dans un communiqué avoir détecté du pétrole lors d'un forage exploratoire en eaux très profondes au large de la Côte d'Ivoire, évoquant un "résultat très prometteur".

"Le puits d'exploration Saphir-1XB sur le bloc CI-514, opéré par Total, a prouvé l'existence d'hydrocarbures liquides en offshore profond, à l'ouest de la Côte d'Ivoire", à 4.655 mètres de profondeur, a indiqué le groupe.

Total va désormais analyser les données acquises lors de ce forage et poursuivre parallèlement sa campagne de prospection dans les eaux ivoiriennes.

"Ce premier puits, foré sur une thématique de marge abrupte, met en évidence pour la première fois dans le bassin de San Pedro, zone d'exploration frontière de la Côte d'Ivoire, un système pétrolier efficace à huile légère", a déclaré Marc Blaizot, directeur Exploration du groupe, cité dans le communiqué.

Pour les profanes, cela signifie tout simplement que le groupe semble avoir détecté un gisement potentiellement de bonne qualité, dans une zone différente de celle où il avait effectué sa première découverte l'an dernier.

"Nous allons maintenant évaluer ce résultat très prometteur et nous focaliser sur l'extension (des recherches) vers le nord et l'est", a ajouté M. Blaizot.

Le forage fructueux de 2013 avait été réalisé dans un permis de prospection situé au voisinage des eaux du Ghana, pays où d'importants gisements ont déjà été découverts, dont le champ géant de Jubilee. Mais le puits Saphir 1-XB pourrait appartenir à un système pétrolifère distinct.

- Concurrence pour le pétrole ivoirien -

Total détient 54% du permis de recherche d'hydrocarbures CI-154, où il a effectué cette nouvelle découverte, contre 36% pour le groupe canadien Canadian Natural Resources, et 10% à la compagnie pétrolière nationale ivoirienne, Petroci.

Ces découvertes sont encourageantes pour la Côte d'Ivoire, qui est actuellement un producteur de pétrole très modeste et incite les compagnies pétrolières à prospecter dans ses eaux, dans l'espoir qu'elles y découvrent des réserves aussi prometteuses que celles trouvées au large du Ghana.

Selon le ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Energie, le pays avait produit en 2010 près de 40.000 barils de pétrole brut par jour, une goutte d'eau par rapport à la production de l'ensemble du continent africain, qui représente en tout une dizaine de millions de barils par jour.

Plusieurs gisements de pétrole ou de gaz aux noms évocateurs (Baobab, Lion, Panthère, Espoir...), découverts à partir des années 1970, sont déjà en exploitation dans les eaux ivoiriennes, essentiellement dans des zones peu profondes et proches des côtes, donc plus faciles à explorer.

Total n'est pas la seule compagnie étrangère à s'intéresser au potentiel ivoirien. De nombreuses autres compagnies y ont acquis des permis d'exploration, dont la britannique Tullow Oil, qui y également a effectué une découverte il y a deux ans (dans le bloc CI-103), et exploite par ailleurs le gisement géant de Jubilee, découvert en 2007 dans les eaux ghanéennes.

Plus globalement, la prospection pétrolière au large de l'Afrique a été encouragée par la découverte de vastes gisements d'or noir au large de l'Amérique du Sud (considéré comme une zone géologiquement "jumelle" de l'Afrique, à laquelle elle était autrefois reliée).

Ces gisements dits "présalifères" (car situés sous d'épais dépôts de sel), découverts à partir de 2006 à environ 6.000 mètres de profondeur, ont fait du Brésil un producteur majeur de pétrole.

Des gisements géologiquement similaires ont notamment été trouvés au large de l'Angola, dont certains sont d'ailleurs exploités par Total.

Le premier producteur de brut d'Afrique reste le Nigeria, avec quelque 2,4 millions de barils par jour, suivi de l'Angola avec 1,8 million de barils par jour.

fpo/ih/jlb

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