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Twitter écarte l'idée d'ouvrir un bureau en Turquie en raison du "climat" local

16/04/2014 06:34 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Des responsables de Twitter ont rejeté mercredi les demandes insistantes des autorités turques d'ouvrir un bureau de représentation dans leur pays, estimant que le "climat d'investissement" n'y était pas favorable, et démenti toute "évasion fiscale".

"Nous n'avons pas accepté d'ouvrir un bureau en Turquie (...) n'importe quelle compagnie émettrait des réserves sur un climat d'investissement dans lequel son service a été interdit", a déclaré à l'AFP le vice-président de Twitter Colin Crowell.

"Nous évaluons l'opportunité d'ouvrir un bureau en fonction du climat d'investissement. Investir plus ici pour développer nos activités est directement lié à la certitude que nous avons, ou pas, de pouvoir assurer la continuité de notre service", a poursuivi M. Crowell au terme d'une visite de trois jours en Turquie.

Lors de ce séjour, la délégation de l'entreprise américaine a rencontré plusieurs responsables turcs.

Ils ont notamment évoqué les tensions suscitées par la décision du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d'interdire l'accès au réseau de microblogging sur lequel ont été largement diffusé des enregistrements de conversations téléphoniques mettant en cause le régime turc dans un vaste scandale de corruption.

Cette décision a suscité une avalanche de critiques, aussi bien en Turquie qu'à l'étranger, dénonçant la dérive autoritaire de M. Erdogan, qui règne sur le pays depuis onze ans.

Ankara a été contrainte de lever le blocage de Twitter au bout de deux semaines après un arrêt de la Cour constitutionnelle turque jugeant cette mesure qu'une telle mesure violait le droit à la liberté d'expression.

Furieux, M. Erdogan a accusé la semaine dernière Twitter et d'autre réseaux sociaux d'"évasion fiscale" en Turquie et a promis de s'en "occuper".

"Nous avons une filiale en Turquie qui paie les impôts requis, comme de nombreuses autres entreprises qui font des affaires ici", a répondu mercredi M. Corwell.

Des multinationales comme Google, Apple ou Amazon sont dans le collimateur de plusieurs gouvernements occidentaux, en Europe notamment, accusées d'échapper à l'impôt par le biais de mécanismes sophistiqués d'optimisation fiscale, en toute légalité.

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