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Situation inquiétante des réfugiés syriens dans les villes de Jordanie

16/04/2014 12:43 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Les réfugiés syriens sont confrontés à de grandes difficultés dans les villes de Jordanie, avec des logements inappropriés, un coût de la vie en hausse, des dettes importantes et des difficultés pour scolariser leurs enfants, rapporte mercredi l'ONG Care International.

Selon cette organisation, qui s'appuie sur une enquête menée auprès de plus de 2.200 réfugiés syriens, 90% des réfugiés doivent de l'argent à des proches, leur propriétaire, des magasins ou des voisins, alors que les loyers ont augmenté de près d'un tiers en un an.

"L'incertitude quant à leur capacité à subvenir aux besoins de leur famille provoque chez les réfugiés des niveaux de stress élevés et les femmes sont exposées aux risques d'exploitation sexuelle", souligne l'étude.

"Dans de nombreux cas, les jeunes fils deviennent un soutien de famille principal pour pouvoir joindre les deux bouts", affirme l'organisation.

Au sein des réfugiés, seuls 52% des garçons et 62% des jeunes filles vont actuellement à l'école.

"Trois ans après le début de la crise syrienne, les familles réfugiées s'appauvrissent. Plus elles restent dans les pays voisins, plus elles deviennent financièrement vulnérables. Les familles ayant fui il y a plusieurs mois ou des années n'ont plus d'économies", souligne Salam Kanaan, directeur de Care en Jordanie.

La Jordanie accueille plus de 500.000 réfugiés syriens. Plus de 80% d'entre eux vivent dans des quartiers pauvres en zone urbaine ou à la périphérie des villes, souvent dans des camps de tentes ou des abris de fortune, poursuit Care.

Les familles réfugiées doivent payer 260 dollars de loyer mensuel en moyenne.

Selon Care, 36% des familles enregistrées auprès de l'organisation sont dirigées par des femmes: "Elles ont fui sans leurs époux, qui sont restés au pays, sont blessés ou ont été tués. Elles doivent s'occuper de leurs jeunes enfants et des membres âgés de la famille, mais elles arrivent difficilement à générer des revenus".

Au fur et à mesure que le conflit dure, l'impact social et psychologique de la guerre sur les familles est de plus en plus lourd, s'inquiète Care.

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