NOUVELLES

Le Libyen Abou Anas al-Libi privé de ses droits, proteste son avocat

16/04/2014 05:32 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Le Libyen Abou Anas al-Libi, un membre présumé d'Al-Qaida capturé l'an dernier à Tripoli par les forces spéciales américaines, n'a accès ni à ses affaires personnelles ni à son dossier judiciaire, a protesté mercredi à New York son avocat.

Inculpé en 2000 aux Etats-Unis en liaison avec les attentats contre deux ambassades américaines d'Afrique de l'Est en 1998, il a plaidé non coupable le 15 octobre dernier à New York, où il avait été transféré après sa capture spectaculaire devant chez lui 10 jours plus tôt.

Souffrant d'hépatite C, il a été transféré le 28 mars dans une prison médicalisée en Caroline du Nord, à 725 km de New York, compliquant d'autant ses échanges avec son avocat Bernard Kleinman.

Lors d'une conférence préparatoire au procès, prévu pour le 3 novembre au tribunal fédéral de Manhattan, celui-ci a déclaré au juge Lewis Kaplan qu'il avait rendu visite la semaine dernière à son client, et que celui-ci n'avait aucune pièce de son dossier judiciaire ni aucune de ses affaires personnelles.

L'hôpital lui a donné un Coran, le sien lui ayant été confisqué après sa capture. Pendant 10 jours après sa capture, on ne lui a pas permis de prendre une douche, et on ne lui a donné aucun vêtement propre, a également dénoncé l'avocat.

Bernard Kleinman a ajouté qu'il n'avait pas pu disposer d'un interprète en arabe lors de sa visite, à laquelle un gardien avait mis fin après trois heures.

L'avocat a également fait valoir que l'insécurité en Libye l'empêchait de s'y rendre, pour obtenir des éléments dont il a besoin pour préparer la défense de Libi.

Il a donc demandé un report du début du procès, mais le juge n'a pas accédé à sa demande. "Pour l'instant, la date est maintenue", a-t-il déclaré, laissant cependant ouverte la possibilité d'un report à août 2015.

Libi avait été inculpé à New York en 2000 avec 20 autres membres présumés d'Al-Qaïda, notamment de "complot visant à tuer des citoyens américains" et "complot visant à détruire des bâtiments et propriétés des Etats-Unis".

Selon l'acte d'accusation, Libi, considéré comme un expert en informatique et communication, avait notamment mené, dès 1993, des opérations de surveillance "visuelle et photographique" de l'ambassade américaine à Nairobi.

Il doit être jugé conjointement avec deux autres suspects, Khalid al-Fawwaz and Adel Abdel Bary.

L'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi avait fait 213 morts, dont 12 Américains, et plus de 5.000 blessés le 7 août 1998. L'attentat de Dar es Salaam en Tanzanie, simultané, avait fait 11 morts et 85 blessés.

jm/bd/mdm

PLUS:hp