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Est de l'Ukraine: Slaviansk fête les mystérieux soldats arrivés côté pro-russe

16/04/2014 07:40 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

"Vous êtes des héros! Nous vous aimons". A Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, des centaines d'habitants ont accueilli en triomphe mercredi six blindés et de mystérieux soldats venus renforcer le camp pro-russe, alors que la ville redoute un assaut des forces loyales à Kiev.

"L'armée est avec le peuple", crient quelques centaines de personnes réunies au centre de cette ville de 140.000 habitants passée samedi sous le contrôle des insurgés pro-russes qui ont pris la mairie, le poste de police et le siège local des services secrets, et se sont emparés d'armes.

La veille, la tension était montée d'un cran après l'arrivée à 40 km de la ville d'un important dispositif militaire des forces loyalistes --deux hélicoptères, une cinquantaine de blindés légers et de chars, quelque 300 hommes des unités spéciales de la police et des services secrets-- , premier signe visible de l'opération lancée par Kiev pour désarmer les militants pro-russes et reprendre le contrôle des bâtiments publics qu'ils occupent.

"Maintenant, nous sommes protégés par des militaires et pas seulement par des civils. Heureusement que l'armée est venue à notre aide ! Si les soldats de Kiev arrivent ici, nous formerons un bouclier humain avec d'autres femmes pour les protéger à notre tour", affirme Natalia Teslenko, 53 ans.

Sur les blindés flottent le drapeau russe et celui de la République du Donbass auto-proclamée par les militants pro-russes de l'est du pays qui rêvent d'un rattachement à la Russie ou au minimum d'une large autonomie au sein d'une Ukraine fédérale.

Des habitants apportent de l'eau et des cigarettes aux soldats. Des jeunes femmes vont déposer quelques fleurs sur les blindés. Nombreux sont ceux qui immortalisent la scène en se faisant photographier avec ces militaires peu bavards et dont on ignore qui ils sont.

- Fusils à lunette -

Sont-ils vraiment des Ukrainiens qui ont déserté l'armée régulière pour passer du côté des pro-russes ou font-ils partie des unités spéciales du GRU (services spéciaux de l'armée russe) qui agissent clandestinement en Ukraine, comme l'affirment Kiev et les Occidentaux?

Un homme en uniforme se présentant sous le pseudonyme de "Balou" affirme que ces militaires sont des déserteurs de l'armée ukrainienne et des volontaires de Crimée.

"Je suis membre des forces d'auto-défense de Crimée. Nous sommes une dizaine dans mon cas. Les autres, quelque 150 soldats, sont des ukrainiens", déclare-t-il devant quelques journalistes.

"Balou" affirme que les tanks ont été bloqués par la population à Kramatorsk, à une vingtaine de km de là. "Nous avons alors pris le contrôle des blindés et les soldats sont passés de notre côté", affirme-t-il.

Au total, une centaine d'hommes sont visibles. Equipés de gilets pare-balles, de pistolets, de kalachnikovs, de fusils à lunette, de lance-roquette anti-chars, ils ont pris position autour des blindés. Ils portent le même uniforme, sans aucun signe distinctif, et ont pour la plupart le visage caché par une cagoule noire.

Tous arborent un ruban de Saint Georges, noir et orange, signe de ralliement des militants pro-russes.

A part "Balou", ils refusent de parler aux journalistes.

Un avion de chasse passe à basse altitude à trois reprises au-dessus de la ville, sans provoquer autre chose que des moqueries de la foule.

Les habitants de Slaviansk s'inquiètent par contre des informations plus ou moins vérifiées qui font état d'un regroupement mardi après-midi de forces ukrainiennes dans la région de Kramatorsk.

"Nous resterons ici, avec les tanks, jusqu'à ce que le peuple ait pu décider de son avenir par référendum", déclare "Balou" sous les acclamations de la petite foule qui l'entoure.

"On compte sur vous, on ne veut pas vivre sous un régime fasciste imposé par Kiev", lance une retraitée inquiète d'une éventuelle opération militaire des forces ukrainiennes.

"L'armée ukrainienne ne va pas tirer contre le peuple. Ceux qui pourraient le faire, ce sont des mercenaires, des fascistes. Nous les écraserons", la rassure "Balou".

A l'entrée de la ville, les civils armés sont plus nombreux que la veille sur les barrages et les contrôles plus rigoureux.

nm/so/plh

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