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Venezuela: nouvelle rencontre mardi entre opposition et gouvernement

15/04/2014 04:38 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Une nouvelle rencontre devait se tenir mardi au Venezuela entre l'opposition et le gouvernement, dans le cadre d'un dialogue entamé la semaine dernière pour mettre fin à une vague de protestation antigouvernementale qui a fait 41 morts en deux mois dans le pays pétrolier.

Cette nouvelle journée de discussions, la troisième depuis le 7 avril, organisée par le vice-président Jorge Arreaza avec les dirigeants de la coalition d'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), devrait se terminer tard dans la soirée de mardi.

Les modalités de la rencontre n'ont pas été rendues publiques, la vice-présidence se bornant à préciser qu'elle espérait la présence d'une délégation de ministres de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) et de représentants de la nonciature apostolique à Caracas.

Après plusieurs tentatives infructueuses à l'initiative du président socialiste Nicolas Maduro, une délégation de l'Unasur était parvenue à réunir jeudi autour de la même table un gouvernement en proie à une délicate situation économique et une partie de l'opposition, alors que le régime est confronté à une vague de manifestations qui a fait 41 morts.

Signe d'une volonté de faire avancer les choses, les principales figures de l'exécutif et de l'opposition, dont son chef de file Henrique Capriles, avaient fait le déplacement aux côtés des ministres des Affaires étrangères du Brésil, de Colombie et de l'Equateur et du nonce apostolique au Venezuela.

Lundi les responsables de la MUD ont annoncé qu'ils préparaient déjà la mise en place d'une "équipe de suivi du dialogue" constituée notamment de députés et dirigée par le sous-secrétaire de la coalition Ramon Jose Medina.

Cette équipe aura pour mission "d'organiser les rencontres, les groupes de travail et tout autre contact" avec le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro, a ajouté la coalition dans un communiqué.

La MUD demande la mise en place d'un calendrier de négociations prévoyant une loi d'amnistie pour les prisonniers politiques, le désarmement des groupes civils qu'elle soupçonne d'être liés au "chavisme" et une commission d'enquête indépendante chargée de faire la lumière sur les violences des deux derniers mois.

Le président Maduro, qui a rejeté les demandes de l'opposition, considère que ces rencontres ne constituaient pas une négociation. Il a proposé de lancer un programme d'apaisement et de développement économique.

Ce dialogue amorcé sous l'égide de l'Unasur n'a toujours pas débouché sur des résultats concrets, mais a constitué une prise de contact sans précédent depuis l'élection de M. Maduro il y a un an.

L'aile radicale de la coalition de l'opposition rejette tout dialogue avec le gouvernement dont elle entend obtenir la chute, estimant que les conditions n'étaient pas réunies pour poursuivre les discussions. Elle demande la libération des prisonniers, parmi lesquels figurent des dirigeants de l'opposition comme le leader du parti de droite Volonté populaire (VP) Leopoldo López.

Samedi à Caracas, la police a réprimé une manifestation de 2.000 personnes organisée à l'appel d'une des figures de l'opposition radicale Maria Corina Machado, membre du mouvement de "La Salida" ("La Sortie") qui comme VP rejette la concertation ouverte jeudi.

Nicolas Maduro est confronté depuis plus de deux mois à une série de manifestations parfois violentes d'étudiants et d'opposants protestant contre l'insécurité, la mauvaise situation économique, les pénuries récurrentes et les brutalités policières.

Selon le dernier bilan du ministère public publié vendredi, les violences autour des mobilisations ont fait 41 morts, en majorité des personnes tuées par des armes à feu, plus de 650 blessés, et 120 enquêtes ont été ouvertes contre des membres des forces de l'ordre soupçonnés d'atteintes aux droits de l'homme.

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