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Le procès de Jocelyn Dupuis commence aujourd'hui

15/04/2014 07:01 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT
Agence QMI

À en croire les pièces présentées en preuve par la Couronne, les dépenses de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, étaient faramineuses.

Au premier jour du procès de l'ancien syndicaliste, qui a plaidé non coupable aux accusations de fraude et de fabrication de faux documents qui pèsent contre lui, ce sont en effet ses coûteux déplacements et ses somptueuses sorties aux restaurants qui ont attiré l'attention.

Dans sa déclaration d'ouverture, l'avocat de la Couronne, Jacques Dagenais, a expliqué que la preuve était composée de 43 rapports de dépenses, assortis de reçus manuscrits. Selon Me Dagenais, ces documents sont faux et les dépenses de restaurant et d'hôtel ont été gonflées.

Le premier témoin à avoir été entendu est Roland Brillon, qui occupe depuis 30 ans le poste de comptable à la FTQ-Construction. Ce dernier affirme n'avoir jamais contesté les rapports de dépenses de celui qui était alors son grand patron. « Ça fonctionnait comme ça avec M. Dupuis », a-t-il expliqué au juge Denis Lavergne, en précisant que Jocelyn Dupuis était le seul employé de la FTQ-Construction à présenter des reçus manuscrits parce qu'il n'utilisait pas de carte de crédit du syndicat.

Des reçus manuscrits bel et bien signés de la main de Jocelyn Dupuis, selon un expert en documents appelé à la barre. D'après cet expert, M. Dupuis a même imité la signature de serveuses au bas de certaines des factures.

Les notes présentées étaient salées. Par exemple, en moins d'un an, entre 2007 et 2008, M. Dupuis a demandé remboursement pour des repas pris dans six restaurants, pour un total de 60 000 $.

L'un de ces repas a été pris le 30 décembre, alors que la FTQ-Construction était fermée pour les vacances des Fêtes. Le repas avait coûté 1500 $ et comprenait deux bouteilles de vin à près de 300 $ chacune.

Autre exemple, au retour d'un voyage en Californie et au Nevada, M. Dupuis a présenté des factures totalisant 11 000 $, dont 3300 $ pour un repas au restaurant auquel il a convié deux autres personnes et 1000 $ pour du kilométrage.

Ensuite, pour une semaine passée à Montréal, Jocelyn Dupuis a réclamé de se faire rembourser pour 4600 $ de frais de restaurant, pour 510 $ de frais de déplacement (alors qu'il n'était pas sorti de la métropole) et pour 1800 $ en frais d'hôtel.

Le procès doit durer trois jours et il est présidé par le juge Denis Lavergne. Il n'y a pas de jury.

Rappelons qu'en 2009, l'équipe de l'émission Enquête, de Radio-Canada, avait mis au jour cette histoire présumée de fraude et de fabrication de faux documents. Les factures qui sont au coeur de cette affaire avaient été dérobées, à la FTQ Construction, par le syndicaliste Ken Peirera, qui les avait dévoilées.

Si le procès de Jocelyn Dupuis ne s'ouvre que cette année, c'est qu'il a été affligé de nombreux retards, notamment en raison de la grève des procureurs, en 2011, et du retrait de l'un des avocats.

Enfin, rappelons que les factures douteuses de M. Dupuis ont permis à la commission Charbonneau d'établir des liens entre lui et plusieurs membres de la mafia montréalaise. Le nom des invités de M. Dupuis figurait au dos de factures des restaurants qu'il fréquentait.

Il est à noter que Jocelyn Dupuis devra subir un autre procès, cette fois pour incitation à commettre une infraction. Pour des raisons techniques, ce chef d'accusation n'a pas été inclus dans le présent procès. On s'attend à ce que cette deuxième affaire se déroule en cour cet automne.

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