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L'Ukraine ne veut pas parler de fédéralisme à Genève

15/04/2014 09:06 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

L'Ukraine ne compte pas parler de fédéralisme lors des pourparlers à quatre - Ukraine/Russie/Etats-Unis/Union européenne - prévus jeudi à Genève, a déclaré mardi l'ambassadeur ukrainien auprès de l'ONU à Genève, Yurii Klymenko.

Le Kremlin a insisté ces dernières semaines sur l'adoption en Ukraine du fédéralisme pour défendre les régions russophones de l'Est.

"L'objectif principal du dialogue est la désescalade de la situation. L'Ukraine ne va pas discuter d'affaires internes, et c'est pour cette raison que nous n'allons pas discuter de questions relatives à la fédéralisation de l'Ukraine. Cette question n'est pas à l'agenda", a déclaré M. Klymenko, lors d'une conférence de presse.

"Nous estimons que les régions en Ukraine doivent avoir plus de liberté, et le gouvernement ukrainien est maintenant très déterminé à décentraliser, à donner plus de pouvoirs aux régions, mais nous n'allons pas parler de fédéralisation de l'Ukraine" à Genève, a-t-il insisté.

Par ailleurs, a-t-il dit, "nous allons présenter à la communauté internationale des preuves vastes et concrètes montrant l'implication des forces spéciales russes" sur le territoire ukrainien.

L'ambassadeur a également indiqué que l'Ukraine souhaitait parler lors des pourparlers des mesures à prendre pour permettre "la reprise du commerce et des relations économiques" entre la Russie et son pays. Il a également précisé que la délégation ukrainienne sera dirigée par le ministre des Affaires étrangères, Andrii Deshchytsia.

Américains, Russes, Ukrainiens et Union européenne doivent se retrouver jeudi à Genève pour tenter de débloquer la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide.

A près de 48 heures des pourparlers, les premières négociations internationales depuis le début de crise, la Russie maintient la pression.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a prévenu mardi que tout ordre "criminel" de Kiev "d'envoyer les chars" ferait capoter ce dialogue.

"Nous considérons les négociations comme la seule option pour régler des conflits mais si la Russie continue son agression, l'Ukraine est prête à utiliser tous les moyens pour se défendre", a souligné pour sa part mardi M. Klymenko.

Il a par ailleurs indiqué que la "campagne antiterroriste n'est pas dirigée contre le peuple, mais contre les séparatistes qui provoquent des violences".

Confrontée depuis samedi à des assauts visiblement coordonnés par des activistes pro-russes, l'Ukraine apparaît plus que jamais menacée d'éclatement entre l'est russophone et le centre et l'ouest tournés vers l'Europe.

L'Ukraine doit tenir le 25 mai une élection présidentielle pour remplacer Viktor Ianoukovitch, chassé fin février par trois mois de contestation qui se sont terminés dans un bain de sang et la perte de la péninsule de Crimée, rattachée à la Russie.

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