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Les Frères musulmans interdits de se présenter à des élections en Egypte

15/04/2014 10:59 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Un tribunal égyptien a interdit mardi aux membres des Frères musulmans, la confrérie du président destitué Mohamed Morsi récemment déclarée "terroriste", de se présenter aux élections prévues durant l'année, ont indiqué les médias d'Etat et un avocat.

Les 26 et 27 mai aura lieu l'élection présidentielle, onze mois après l'éviction du premier président élu démocratiquement d'Egypte, annoncée début juillet par Abdel Fattah al-Sissi, alors chef de la toute-puissante armée et désormais grand favori de la présidentielle. Des élections législatives sont ensuite prévues.

Depuis le coup de force de l'armée, les nouvelles autorités répriment implacablement les partisans de M. Morsi, une campagne qui s'est soldée par plus de 1.400 morts et 15.000 arrestations, dont la quasi-totalité des dirigeants des Frères, qui encourent désormais la peine de mort dans de multiples procès.

Mardi, un tribunal d'Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, a ordonné aux autorités d'interdire toute candidature de membres ou d'ex-membres de la confrérie, forte de centaines de milliers de membres.

"Nous avons présenté (à la justice) des vidéos, des photos et des documents montrant les actes terroristes des Frères musulmans. A cause de cela, il serait illogique qu'ils dirigent le pays ou représentent son peuple lors d'élections", a affirmé à l'AFP Tareq Mahmoud, avocat d'un groupe de citoyens hostiles au mouvement islamiste qui ont demandé à la justice, via une pétition, de statuer sur d'éventuelles candidatures de Frères.

Fin décembre, au lendemain d'un attentat sanglant pourtant revendiqué par des jihadistes sans lien connu avec la confrérie, les autorités avaient déclaré "terroriste" le mouvement qui avait remporté toutes les élections depuis la révolte de 2011.

Créée en 1928, la confrérie a été durant des décennies officiellement interdite mais tolérée et était parvenue à s'assurer un certain nombre de sièges au Parlement sous Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en 2011, en présentant ses candidats sous l'étiquette d'indépendants. A la faveur de la révolte, elle était sortie de la clandestinité.

Elle a désormais également été proclamée "terroriste" par l'Arabie saoudite, tandis que Londres a ordonné une enquête sur ses activités sur son sol.

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