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Le Premier ministre roumain craint d'être mis sur écoutes

15/04/2014 10:26 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre roumain Victor Ponta a annoncé mardi qu'il allait installer son bureau dans le siège du ministère de la Défense pour éviter d'être mis sur écoutes, après que son nom fut apparu dans un dossier de corruption.

"Le transfert aura sans doute lieu la semaine prochaine, je suis déjà allé (au ministère, ndlr), j'ai un bureau", a déclaré M. Ponta aux journalistes.

Cela lui permettra d'éviter d'être victime "de coups montés par (le président) Traian Basescu", son rival de centre droit, a-t-il expliqué.

Le Premier ministre social-démocrate a ajouté s'attendre "à une multitude de tels coups" d'ici à l'élection présidentielle de novembre, lorsque le deuxième mandat de M. Basescu s'achève.

Cette décision, qui a suscité des critiques en Roumanie, est intervenue après l'arrestation du chef du conseil départemental de Mehedinti (sud-ouest) Adrian Duicu, accusé de corruption et de trafic d'influence.

Selon les procureurs, M. Duicu, un social-démocrate, avait promis d'intervenir en faveur d'un policier lors d'un appel téléphonique passé alors qu'il se trouvait dans le bureau de M. Ponta.

Le Premier ministre a nié avoir reçu M. Duicu dans son bureau et assuré ignorer tout des agissements de ce dernier.

"Je veux que toute mon activité soit transparente afin de pouvoir démonter n'importe quelle accusation dans les dix minutes et de permettre aux institutions d'avoir accès à toutes les données" concernant les personnes rencontrées, a expliqué M. Ponta.

Selon lui, alors que le siège du gouvernement abrite plusieurs institutions, le ministère de la Défense est mieux protégé contre d'éventuelles tentatives de mise sur écoutes.

M. Ponta a vivement critiqué ces dernières semaines l'activité du Parquet national anticorruption (DNA), qui a lancé des poursuites contre plusieurs élus sociaux-démocrates, assurant que "justice sera faite" dès que M. Basescu quittera le palais présidentiel.

Les condamnations pour corruption ont augmenté de plus de 40% en 2013 en Roumanie mais les pressions sur la justice se sont accentuées, a récemment déclaré la procureure anticorruption, Laura Kovesi, dont l'action a été saluée par la Commission européenne et plusieurs ambassades occidentales à Bucarest.

mr/rhl

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