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Le Portugal donne des gages à ses créanciers sur la poursuite de l'austérité

15/04/2014 11:54 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

A un mois de la sortie de son plan de sauvetage, le Portugal a adopté mardi un nouveau train de mesures d'économies de 1,4 milliard d'euros pour 2015, donnant ainsi à ses créanciers des gages sur la poursuite de l'austérité.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait demandé au Portugal de lui communiquer ces mesures avant la fin de la journée, condition indispensable pour donner cette semaine son feu vert au déblocage d'une nouvelle tranche de crédit de 900 millions d'euros.

Ces mesures passent par une réduction des dépenses de fonctionnement des ministères, des regroupements d'entreprises publiques et des départs volontaires des fonctionnaires, "sans demander de nouveaux sacrifices" aux Portugais, a assuré la ministre des Finances Maria Luis Albuquerque.

"Il n'y aura pas de hausse d'impôts en 2015, ni d'effort supplémentaire sur les salaires ou les retraites", a renchéri le porte-parole du gouvernement, Luis Marques Guedes, à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire.

Sans ces mesures, le 11e examen des comptes du Portugal par la troïka de ses bailleurs de fonds (UE-BCE-FMI) achevé fin février ne pouvait pas être bouclé, avait prévenu début avril le Premier ministre Pedro Passos Coelho.

La conclusion de cette évaluation est d'autant plus urgente que la prochaine et dernière visite de la troïka au Portugal doit débuter mardi prochain, afin de préparer la sortie du pays de son plan d'assistance programmée le 17 mai.

Le Portugal avait obtenu fin février un accord de principe de la troïka pour la mise en oeuvre de sa politique d'austérité, ouvrant la voie au versement d'un nouveau prêt de 2,5 milliards d'euros, dont 900 millions financés par le FMI.

Mais avant d'encaisser ce chèque, le gouvernement devait élaborer de nouvelles mesures d'austérité afin de ramener le déficit public à 2,5% du PIB en 2015, après un objectif de 4% prévu en 2014.

Le montant de ces économies a pu être allégé grâce à l'amélioration de la conjoncture économique et à la réduction plus importante que prévu du déficit public, limité à 4,9% du PIB en 2013, nettement en dessous de l'objectif de 5,5%.

- 'L'effort se poursuit' -

L'effort à fournir par les ministères en 2015 représente 0,8% du PIB, contre 1,2% prévu dans un premier temps, soit une réduction de 680 millions d'euros, a expliqué Mme Albuquerque.

En échange de son prêt de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011, le Portugal met en oeuvre un sévère programme de rigueur budgétaire qui a pesé sur l'activité économique et freiné la consommation des ménages.

Au deuxième trimestre 2013, l'économie est toutefois sortie de la récession et le gouvernement a relevé sa prévision de croissance de 0,8% à 1,2% pour 2014.

Si le gouvernement a maintenu son pronostic pour le PIB en 2015 (+1,5%), le taux de chômage a été revu en baisse à 14,8%, contre 16,5% auparavant, a annoncé la ministre.

"Malgré les bonnes nouvelles, l'effort doit se poursuivre", a promis Maria Luis Albuquerque. D'ici fin avril, le gouvernement portugais devra présenter ainsi à Bruxelles un document de stratégie budgétaire à l'horizon 2018, auquel il a tenté en vain d'associer l'opposition socialiste.

"Ce gouvernement n'est pas digne de confiance. A chaque fois qu'il nous présente un paquet de mesures d'austérité, la seule certitude que nous avons c'est qu'un autre suivra", a réagi mardi Eurico Brilhante Dias, secrétaire national du Parti socialiste.

Le document de stratégie budgétaire pourrait notamment entériner une indexation des retraites sur l'évolution de l'économie et de la démographie du pays, un sujet qui a provoqué une vive polémique au Portugal.

De cette manière, le gouvernement espère substituer des coupes transitoires comme la contribution sociale extraordinaire sur les retraites par des mesures permanentes, conformément aux souhaits de la troïka.

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