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France: polémique autour d'une note interne de la police incitant à "évincer" les Roms

15/04/2014 10:02 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Une note interne très maladroite d'un commissariat parisien, donnant aux policiers instruction de localiser et "évincer systématiquement" des familles roms, a créé une vive polémique en France mardi.

Diffusée en interne dans le commissariat du chic VIe arrondissement, dans le centre de la capitale, rédigée par un capitaine de police, elle demande aux effectifs, "sur instruction" de la hiérarchie, de "localiser", de "jour comme de nuit", les "familles roms vivant dans la rue et de les évincer systématiquement".

Lors d'un point de presse, le directeur de cabinet du préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a confirmé l'existence de cette note révélée par le quotidien le Parisien mardi. Selon lui, elle "vise à relayer les instructions données aux effectifs de police" car, dans cet arrondissement du centre de Paris, a été "signalée une recrudescence de familles qui séjournent sur la voie publique avec des enfants parfois en très bas âge".

"Face à cette situation, nous engageons des actions", nous "leur proposons des solutions d'hébergement d'urgence", a dit le haut fonctionnaire, assurant que "les forces de l'ordre agissent dans un cadre légal" sans "stigmatisation des populations concernées".

"Le terme +évincer+ peut être mis sur le compte d'une maladresse", a insisté M. Nunez.

L'affaire a relancé le débat, toujours très vif, sur la question des Roms.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a affirmé mardi sur la radio RTL qu'il faut "chercher à les faire retourner d'où ils viennent, en Roumanie ou en Bulgarie" au nom d'une "politique qui doit garder sa dimension humaine", credo du gouvernement socialiste sur ce sujet.

Une police "qui recense les Roms sous prétexte de +prochaines opérations d'éviction et d'assistance+ n'est pas une police d'un Etat démocratique", s'est insurgé mardi, dans un communiqué, l'association La Voix des Roms.

SOS Racisme s'est dit "scandalisé" stigmatisant une "violence de plus à l'endroit des populations roms ou supposées roms" et "un manque de volonté politique de s'attaquer à cette urgence sociale".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a précisé, dans un communiqué, que la consigne interne a été "rectifiée" et rappelé "le principe selon lequel aucun contrôle de police ne peut être effectué en ciblant une personne en fonction d'une nationalité réelle ou supposée".

La politique française de démantèlement forcé de camps de Roms, entamée par l'ex-président de droite Nicolas Sarkozy et poursuivie par le nouveau gouvernement du chef d'Etat socialiste François Hollande, a été critiquée par des ONG françaises et par les Nations unies.

Selon les estimations de l'Etat, corroborées par les associations, il y aurait entre 15.000 et 20.000 Roms installés en France, la grande majorité vivant dans des bidonvilles ou dans la rue.

bur-rb/via/thm/bir

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