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"Femmes de réconfort": un officiel japonais à Séoul pour rouvrir le dossier

15/04/2014 11:52 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Un haut responsable japonais est parti mercredi pour la Corée du Sud afin de rouvrir l'épineux dossier des "femmes de réconfort", ces asiatiques enrôlées dans les bordels militaires nippons durant la dernière guerre, un sujet qui empoisonne les relations bilatérales.

Selon l'agence de presse Kyodo qui cite un officiel non identifié, Junichi Ihara, directeur du département Asie/Océanie au ministère des Affaires étrangères japonais, compte indiquer à ses interlocuteurs sud-coréens que Tokyo envisage de prendre des mesures, telles que de nouvelles excuses officielles et un dédommagement financier.

D'après la plupart des historiens, jusqu'à 200.000 femmes ont servi dans les bordels de l'armée impériale à l'époque, notamment des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes, des Philippines et des Taïwanaises.

Officiels japonais et sud-coréens devraient aborder d'autres dossiers en vue d'améliorer les relations bilatérales, déjà envenimées par un contentieux territorial maritime, mais le sujet des "femmes de réconfort" est indubitablement le plus sensible entre la Corée du Sud et le Japon, ce dernier ayant occupé la péninsule de 1910 à 1945.

Les relations glaciales entre Tokyo et Séoul préoccupent Washington, qui n'a de cesse de tenter de rabibocher ses deux principaux alliés dans la région, alors que les Etats-Unis font de l'Asie une priorité de leur diplomatie et que la Chine monte en puissance, affichant notamment ses ambitions maritimes. Il ne faut pas oublier non plus la menace nucléaire permanente pour la région de la Corée du Nord.

Le président Barack Obama, qui est attendu dans une semaine à Tokyo puis Séoul, avait réussi à faire asseoir à la même table le Premier ministre japonais Shinzo Abe et la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, en marge d'une conférence internationale sur la sécurité nucléaire à La Haye fin mars, mais cela n'avait apparemment pas réussi à dégeler les rapports.

Séoul reproche à M. Abe, connu pour ses positions nationalistes tranchées, sa visite le 26 décembre dernier au sanctuaire Yasukuni, où sont honorés 2,5 millions de morts tombés pour le Japon, dont 14 criminels de guerre condamnés après 1945.

Ces derniers mois, Mme Park s'était également déclarée préoccupée par l'apparente volonté de Tokyo de "réexaminer" les excuses officielles présentées en 1993 par le Japon pour les actes commis pendant l'occupation de la péninsule coréenne, notamment concernant les "femmes de réconfort".

M. Abe a assuré le 14 mars n'avoir absolument pas cette intention.

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