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Drones ou montgolfières, tous les moyens sont bons pour accéder à internet

15/04/2014 12:45 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Montgolfières, drones, lasers... Les géants du secteur technologique rivalisent d'imagination pour tenter d'apporter internet aux régions les plus reculées.

Le groupe internet Google vient de racheter Titan Aerospace, une société américaine d'une vingtaine de salariés ayant conçu des prototypes de drones solaires capables de se maintenir pendant cinq ans en altitude, un peu comme des satellites.

"Des satellites atmosphériques pourraient aider à donner un accès internet à des millions de personnes", a commenté un porte-parole de Google interrogé sur les raisons de cette acquisition.

L'idée de transformer des engins volants en relais internet dans des zones reculées n'est pas totalement nouvelle pour Google.

Il a déjà un projet de ce type, baptisé "Loon", avec des montgolfières.

Selon le site qui lui est dédié, il s'agirait de créer "un réseau de ballons" dans la stratosphère, au-dessus des vols de ligne et du mauvais temps. Ils seraient utilisés comme relais entre le réseau internet mondial et des bâtiments équipés d'une antenne spécifique.

Les tests ont commencé en juin 2013 en Nouvelle-Zélande, et un des ballons a terminé début avril un tour du monde en 22 jours.

Google ambitionne d'avoir des ballons assez résistants pour voler pendant 100 jours, avec des déplacements gérés par des algorithmes informatiques. "Les montgolfières présentent quelques problèmes scientifiques vraiment difficiles", reconnaît toutefois le site.

L'analyse semble partagée par Facebook, qui participe avec d'autres groupes technologiques comme Samsung, Nokia, Ericsson ou Qualcomm à l'initiative "internet.org", visant à améliorer l'accès internet des zones peu développées.

Facebook a créé fin mars une équipe spéciale, le "Connectivity Lab", qui rassemble notamment des experts de la Nasa et les cinq salariés du fabricant britannique d'avions solaires Ascenta.

- Très expérimental -

Dans un document faisant le point sur les recherches en cours pour "connecter le monde depuis le ciel", le PDG de Facebook Mark Zuckerberg citait les drones comme "un des domaines majeurs" de recherche.

"Les drones ont plus d'endurance que les montgolfières et on peut contrôler plus précisément leur localisation. Et contrairement aux satellites, les drones ne brûleront pas dans l'atmosphère quand leur mission sera terminée. A la place, ils peuvent facilement revenir sur terre pour être entretenus et redéployés", expliquait-il.

Autre méthode envisagée: des lasers pour relier des satellites ou d'autres appareils volants. Ils auraient l'avantage d'accélérer les vitesses de connexion, mais orienter leurs faisceaux optiques équivaut à "devoir atteindre la Statue de la Liberté depuis la Californie", soulignait Mark Zuckerberg.

Ces idées originales peuvent-elles vraiment se concrétiser? Les experts restent sceptiques.

"Tout cela est très intéressant, mais la technologie n'a pas du tout fait ses preuves", indique à l'AFP Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies.

"Les gens jouent avec depuis des années et cela ne va nulle part", note aussi Jack Gold, président de la société de recherche J. Gold Associates.

"Je ne pense pas que ce soit rentable pour des entreprises comme Google ou d'autres d'installer un millier de drones juste pour donner aux gens un accès" à internet, ajoute-t-il.

Pour lui, Google "a les moyens" de "faire toutes sortes d'expériences", mais ce n'est probablement pas "un moyen sérieux pour eux de fournir internet".

En terme de connexion internet, Google a d'ailleurs un autre projet, plus terre à terre, de réseau à ultra haut débit en fibre optique dans quelques villes américaines. Et d'après une source proche du dossier, les équipes de Titan devraient certes coopérer avec celles de Loon, mais aussi avec d'autres travaillant sur des projets bien plus concrets, comme les services de cartographie Google Maps.

Roger Kay envisage également "une action défensive" face à Facebook, ou encore un autre acteur internet, Amazon, dont le patron Jeff Bezos évoquait il y a quelques mois des projets de livraisons par drones.

"Il ne veut pas être désavantagé au cas où ça s'avérerait un bon créneau", dit l'analyste, "mais il est aussi possible que ça ne porte jamais de fruits".

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