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Corée: nouveau scandale chez les espions, leur chef promet une refonte de l'agence

15/04/2014 12:38 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Le chef des renseignements sud-coréens a présenté mardi ses excuses publiques et promis une refonte "radicale" des services secrets, dont des agents sont accusés d'avoir fabriqué des preuves dans une affaire d'espionnage contre un transfuge nord-coréen.

"Je suis profondément peiné d'avoir laissé ces choses se produire (...) et je me sens profondément responsable", a déclaré Nam Jae-Joon lors d'une rare conférence de presse.

La veille, le vice-chef des services secrets sud-coréens avait démissionné.

L'Agence nationale des renseignements (National Intelligence Service, NIS) est accusée d'avoir fabriqué de faux documents pour étayer leurs accusations d'espionnage envers un Nord-Coréen, passé au Sud en 2004 et dont le parcours brillant --il était conseiller municipal à Séoul-- fait figure de modèle.

Le NIS estime que cet homme est un espion à la solde de Pyongyang.

La justice avait lancé en février une enquête sur les activités des services secrets dans cette affaire, après des doutes sur la véracité des documents présentés comme preuves par les services d'espionnage.

Ces documents sont bel et bien des faux mais la justice a estimé que ces procédés n'étaient pas une pratique répandue au sein de l'agence et qu'ils n'étaient pas validés par la direction.

La présidente sud-coréenne, Park Geun-Hye, a mis en garde la NIS: "si un tel événement susceptible d'entamer profondément la confiance du public se reproduit, (l'agence) sera tenue pour responsable", a-t-elle déclaré.

Pour le moment, la justice poursuit trois responsables de la NIS pour faux et usage de faux.

Le directeur de l'agence, dont les défenseurs des droits de l'Homme et des responsables politiques réclament la tête, a promis de revoir en profondeur les méthodes de ses hommes, afin de les adapter "à l'époque qui change" et de regagner la confiance du public.

"Nous allons saisir cette occasion (...) pour conduire une refonte radicale de notre système", a-t-il déclaré.

Mais il a mis en garde contre le risque d'affaiblir l'agence de renseignements alors que les tensions avec la Corée du Nord restent vives, un argument souvent brandi par les services de renseignements.

Le Sud et le Nord restent techniquement en guerre, aucun traité de paix n'ayant été signé à la fin de la guerre de Corée (1950-1953). pé

La NIS, qui a changé plusieurs fois de nom au cours de son existence, jouissait d'une réputation douteuse pendant les années de dictature, avant l'instauration de la démocratie dans le pays, dans les années 80.

L'agence sous sa forme moderne a connu plusieurs scandales. Le plus récent met en cause plusieurs de ses agents, soupçonnés d'avoir orchestré une campagne de calomnie visant le chef de l'opposition avant la présidentielle de décembre 2012.

Et le prédécesseur de Nam Jae-Joon, Won Sei-Hoon, vient d'écoper de deux ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vin...

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