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11-Septembre: le juge militaire suspend temporairement l'audience

15/04/2014 01:27 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Le juge militaire à Guantanamo a suspendu mardi au moins temporairement les audiences du 11-Septembre, le temps de connaître l'ampleur d'une enquête qui serait conduite par le FBI au sein des équipes de défense.

Au centre de l'affaire, un document personnel de Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, et deux de ses lettres, qui sont parvenus à l'extérieur de la prison de Guantanamo sans passer par les mailles du contrôle de cet établissement ultra-sécurisé.

Au deuxième jour d'une semaine d'audience retransmise sur la base militaire de Fort Meade, près de Washington, la défense a révélé que le FBI conduisait une enquête pour savoir par quels moyens ces documents étaient sortis et si les avocats pouvaient être impliqués. En particulier, le pamphlet intitulé "La route vers le vrai bonheur" a été publié en janvier par le Huffington Post et la chaîne britannique Channel 4.

L'avocat Jim Harrington, qui défend le Yéménite Ramzi ben al-Chaiba accusé d'avoir coordonné les attentats du 11-Septembre, a révélé que deux agents du FBI avaient ainsi interrogé un membre civil de son équipe sur les agissements des cinq équipes, et lui avaient fait signer un document l'interdisant de parler de cet interrogatoire.

Il a dénoncé un "vrai scandale" et un "réel conflit d'intérêts" pour la défense.

Sa collègue Cheryl Bormann a estimé "probable que d'autres membres de la défense aient été impliqués".

"Si nous sommes l'objet d'une enquête, (les accusés) ont le droit de le savoir", a renchéri David Nevin, l'avocat de M. Mohammed. "C'est terrifiant de faire l'objet d'une enquête du Bureau fédéral d'investigation" (FBI).

Le procureur Edward Ryan a souligné au contraire que "le tribunal ferait une grave erreur en s'aventurant dans une enquête en cours conduite par le FBI". Il a sous-entendu que les avocats cherchaient à retarder le cours de la procédure.

Mais le juge James Pohl a suspendu l'audience, au moins jusqu'à jeudi, et ordonné de connaître toute l'ampleur des investigations du FBI, demandant dans un premier temps à chacun des cinq avocats de réunir tous les renseignements qui auraient été délivrés au FBI par des membres de leurs équipes.

Cette semaine, destinée à préparer le procès qui ne devrait pas s'ouvrir avant 2015, devait initialement examiner la responsabilité pénale de M. Ben al-Chaiba, qui avait été expulsé lors d'une audience en décembre en raison de ses propos intempestifs sur des bruits qu'il dit entendre la nuit dans le camp 7 ultra-secret où il est détenu à Guantanamo, et qu'il compare à de la torture.

Seuls deux détenus, "KSM", épaisse barbe rousse, vêtu de sa veste de combat moujahidine, et M. Ben al-Chaiba, barbe noire, couvert d'un foulard et d'une tunique blanches, étaient présents à l'audience mardi. Ils encourent la peine de mort, ainsi que leurs trois co-accusés, pour le meurtre de près de 3.000 personnes aux Etats-Unis.

chv/sam

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