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Rencontre sur fond de tensions entre Twitter et les autorités turques à Ankara

14/04/2014 11:37 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Des responsables turcs ont rencontré lundi à Ankara une délégation de Twitter, cible d'un blocage de deux semaines et de violentes critiques de la part du gouvernement du Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan.

Ces discussions ont notamment réuni le directeur de l'autorité des technologies de l'information (BTK) et le vice-président de l'entreprise américaine, Colin Crowell, et ont duré plusieurs heures.

"Nous allons spécifiquement demander à Twitter de respecter les jugements de la justice" turque, avait déclaré à la presse le patron du BTK Tayfun Acarer avant l'entretien.

Les discussions ont été "positives", a-t-il seulement lâché à la sortie de la réunion.

Les représentants de Twitter n'ont, eux, fait aucune déclaration.

Les autorités turques ont interdit le 20 mars l'accès au réseau social, sur lequel des opposants avaient diffusé des enregistrements de conversations téléphoniques piratées mettant en cause M. Erdogan dans un vaste scandale de corruption.

Cette décision a suscité une avalanche de critiques de la part de ses alliés au sein de l'OTAN et des organisations de défense des droits de l'homme alors que la Turquie souhaite intégrer l'Union européenne.

Au début du mois, Ankara a finalement été contrainte de lever le blocage de Twitter, après un arrêt de la Cour constitutionnelle turque jugeant qu'une telle mesure violait le droit constitutionnel à la liberté d'expression.

Furieux, le chef du gouvernement a réitéré samedi ses critiques contre Twitter, qu'il a accusé "d'évasion fiscale". ""Nous allons nous occuper de cela", a-t-il menacé.

Le gouvernement turc reproche notamment à Twitter d'avoir refusé de retirer certains contenus qu'il jugeait diffamatoires.

"Twitter devrait avoir un bureau en Turquie", a ainsi estimé lundi le ministre turc des Affaires européennes, Mevlut Cavusoglu.

"Les citoyens (turcs) doivent avoir le droit de se défendre devant la justice et être en mesure ensuite de faire appel des décisions rendues par les tribunaux", a ajouté M. Cavusoglu lors d'une rencontre avec la presse.

Outre Twitter, le gouvernement de M. Erdogan a également bloqué depuis le 27 mars l'accès à la plateforme de partage de vidéos YouTube pour les mêmes raisons.

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