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L'euro "anormalement fort" selon le gouverneur de la Banque de France et le ministre français des Finances

14/04/2014 03:39 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer et le ministre français des Finances Michel Sapin ont tous deux jugés lundi que le niveau actuel de l'euro était "anormalement fort" compte tenu de la situation économique de la zone euro.

"L'euro est anormalement fort compte tenu de la position de la zone euro dans le cycle économique et de son retard dans la reprise de la croissance par rapport à d'autres", a déclaré M. Noyer, dans une interview publiée lundi par le quotidien Le Figaro, en marge des réunions du G7 à Washington.

Une position partagée par le ministre français des Finances, Michel Sapin: l'euro "trop fort" aujourd'hui, "est un frein à la croissance de la France", a-t-il assuré sur l'antenne de la radio Europe 1.

Il a appelé de ses voeux "un euro qui doit être à un bon niveau, l'euro étant aujourd'hui à un niveau anormalement fort".

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a assuré samedi que la BCE pourrait décider d'une "action monétaire" si l'euro continuait de s'apprécier.

Lors de sa déclaration de politique générale mardi, le nouveau Premier ministre français Manuel Valls s'était déjà dit opposé à un "euro trop fort" qui pénalise, selon lui, les entreprises.

Selon le gouverneur de la Banque de France, cette situation est particulièrement préjudiciable pour l'économie française du fait de son "problème de compétitivité qu'il faut absolument traiter".

"La France a pris du retard par rapport à l'Italie et surtout à l'Espagne qui ont fait des ajustements de leurs coûts de production", a-t-il ajouté.

Christian Noyer estime cependant que si "cette baisse est souhaitable, il est plus facile de l'invoquer que de l'orchestrer", réfutant le rôle de la politique monétaire de la BCE comme explication de cette hausse.

"Le niveau des taux européens est aujourd'hui inférieur aux taux américains, sur pratiquement toutes les échéances et notamment à long terme. Les différentiels de taux d'intérêt ne sont pas à l'origine de ce qui se passe sur le marché des changes", a-t-il assuré.

S'exprimant par ailleurs sur les risques de déflation dans la zone euro, M. Noyer a assuré que "si la période d'inflation basse devait durer plus longtemps que prévu, nous avons à notre disposition de nombreux instruments" pour y remédier.

"L'opinion publique et les marchés savent que nous ferons ce que nous devons pour que l'inflation remonte vers sa cible de 2%", a-t-il conclu.

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