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L'armée syrienne reprend le contrôle de la ville chrétienne de Maaloula

14/04/2014 07:39 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

L'armée syrienne, appuyée par le Hezbollah, a repris lundi la célèbre ville chrétienne de Maaloula, parachevant son contrôle sur la région de Qalamoun, au nord de Damas, au lendemain de l'annonce par Bachar al-Assad d'un "tournant" dans le conflit en faveur du régime.

"L'armée a pris Maaloula et y a rétabli la sécurité et la stabilité. Le terrorisme est vaincu dans la région de Qalamoun", a annoncé une source de la sécurité à propos de cette ville prise il y a quatre mois pas les rebelles.

Le cameraman de l'AFP qui s'est rendu sur place a constaté que les murs du couvent Mar Sarkis (Saint-Serge et Saint-Bacchus) étaient perforés par des obus, tandis qu'à l'intérieur des icônes et des objets religieux étaient éparpillés sur le sol.

Dans la sacristie, toutes les icônes accrochées au mur, à l'exception d'une seule, ont disparu.

La croix qui surmontait la coupole du couvent melkite (grec catholique) n'est plus en place et le toit en verre qui recouvrait la cour du monastère est à terre. Une pièce a également été incendiée.

Ce monastère, fondé à la fin du Ve siècle, est un des plus anciens du Moyen-Orient et est dédié à Serge et Bacchus, officiers romains martyrisés en raison de leur foi sous le règne de l'empereur Maximien Galère (250-311).

Plus haut, l'hôtel Safir, perché sur la falaise en grès dominant la ville, est ravagé. Un drapeau syrien a été accrochée à la façade, entièrement endommagée. Les chambres de cet ancien établissement touristique, devenu le quartier général des rebelles, sont détruites.

"La conquête de la ville s'est faite rapidement. Ce matin, nous avons pris la localité d'As-Sarkha puis nous nous sommes dirigés vers Maaloula qui été prise en quelques heures", a déclaré à l'AFP un soldat sur place.

Des militaires ratissaient la ville à la recherche de mines. Selon un soldat, il restait encore une poche rebelle dans Maaloula, mais elle "sera bientôt éradiquée".

La prise de Maaloula, située sur une route reliant Damas au Liban, "renforcera le contrôle des points de passage à la frontière", a poursuivi la source de sécurité.

Après avoir pris pendant quelques jours le contrôle de Maaloula début septembre, des rebelles, dont des jihadistes du Front al-Nosra affiliés à Al-Qaïda, s'étaient finalement emparés de la ville début décembre.

Les insurgés avaient alors capturé 13 religieuses, qui ont été libérées en mars lors d'un échange de prisonniers.

Localité de 5.000 habitants avant la guerre, Maaloula, à 55 km au nord de Damas, compte un grand nombre d'églises et doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme.

La majorité de ses habitants chrétiens sont grecs-catholiques et parlent l'araméen, la langue du Christ, selon la tradition.

- Seulement quelques poches rebelles -

En novembre, l'armée et le Hezbollah chiite libanais, engagé au côté du régime syrien, ont lancé une offensive aérienne et terrestre pour reconquérir la région de Qalamoun, afin de sécuriser ce secteur qui servait de base arrière aux rebelles attaquant Damas.

Désormais, "Qalamoun est quasiment sous le contrôle du Hezbollah et des forces du régime. Il reste quelques poches pour les combattants dans les montagnes et quelques positions à côté de la frontière comme Hoch Arab", a affirmé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Zabadani, sur la route entre le Liban et Damas, est la dernière ville à prendre pour bloquer la frontière, a indiqué pour sa part une source au sein des services de sécurité.

Conséquence de cette avancée, des combattants du Hezbollah ont été retirés de Qalamoun pour prêter main-forte à l'armée dans le Nord, à Alep et la région de Kassab, prise le 23 mars par les rebelles, selon l'OSDH.

A Homs (centre), l'aviation a bombardé lundi la Vieille ville, tenue par les rebelles, d'après la même source.

Abou Ziad, un activiste sur place, a affirmé à l'AFP via internet qu'il y "avait une escalade" dans les bombardements et que l'armée "essayait d'entrer" dans la Vieille ville où il reste, selon lui, 180 civils, dont 60 militants, et 1.200 rebelles.

Dimanche, le président Assad a évoqué un "tournant" en faveur du régime, trois ans après le début d'un conflit ayant fait, selon l'OSDH, plus de 150.000 morts.

D'autre part, la Syrie a évacué près des deux tiers de son arsenal chimique, a annoncé lundi l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a demandé à Damas d'"augmenter" la fréquence et le volume de ces évacuations.

A Genève, le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a condamné la généralisation de la torture dans les prisons syriennes, déplorant aussi son usage par certains des groupes armés.

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