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France: ouverture du procès d'une mystérieuse veuve en série

14/04/2014 06:11 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Manuela Gonzalez, 53 ans, surnommée "la veuve noire", a contesté lundi au premier jour de son procès à Grenoble dans le centre-est de la France avoir tué son mari, dont le corps avait été retrouvé calciné dans sa voiture en 2008.

"Je conteste ces faits. Je continue à dire que je suis innocente des faits qui me sont reprochés et on sera là pour le démontrer", a déclaré l'accusée d'une voix calme, en butant sur le mot "conteste".

Petites lunettes rouges et cheveux bruns soigneusement tirés en arrière, l'ancienne monitrice d'auto-école, détenue depuis mars 2010, est apparue à l'audience vêtue d'un chemisier blanc et d'un foulard rose.

Elle comparaît pour l'assassinat de son mari dans des conditions rappelant étrangement l'intoxication de quatre autres de ses compagnons, dont deux ont péri de mort violente.

Le vendredi 31 octobre 2008 au matin, le corps calciné de Daniel Cano, chaudronnier de 58 ans, avait été retrouvé sur la banquette arrière de son véhicule incendié, non loin de sa maison en Isère (centre-est), dans la vallée du Grésivaudan.

L'enquête concluait vite à un incendie volontaire et les analyses toxicologiques révélaient la présence de trois somnifères différents dans le sang de la victime. Au fil des perquisitions, les gendarmes avaient mis au jour les tensions existant au sein du couple formé par Daniel Cano et Manuela Gonzalez, adeptes des jeux d'argent.

En fouillant le passé de Manuela Gonzalez, ils s'étaient en outre aperçus que quatre de ses compagnons avaient été victimes d'intoxications suspectes. Deux d'entre eux avaient été hospitalisés dans un état grave, deux autres étaient morts.

Me Ronald Gallo, avocat de Manuela Gonzalez, a dénoncé en début d'audience les "articles de presse qui se foutent de la vérité et sont intéressés seulement par le personnage qu'ils ont créé". Il a réclamé la libération de sa cliente et l'annulation de la procédure, ce que la cour a refusé.

Me François Leclerc, avocat des parties civiles, a au contraire estimé en marge de l'audience qu'il y avait "suffisamment d'éléments à charge pour démontrer la culpabilité" de l'accusée.

Cinquième d'une famille de huit enfants d'origine espagnole, Manuela Gonzalez encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Le verdict est attendu vendredi.

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