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Climat : plus le monde tergiverse, plus le coût sera élevé, dit le GIEC

13/04/2014 08:01 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Le monde doit agir plus vite pour maintenir le réchauffement climatique dans les limites globalement admises ou il sera contraint de s'en remettre à des solutions technologiques coûteuses et encore aléatoires, estime le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans le troisième et dernier volet de son cinquième rapport, publié dimanche.

L'étude du GIEC, qui s'appuie sur le travail d'un millier d'experts, estime que la communauté internationale a les moyens d'assurer le passage de l'énergie fossile aux énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou le nucléaire. Cette transition ne retirerait selon le GIEC que 0,06 point de pourcentage par an à la croissance économique mondiale.

« Nous avons une fenêtre d'opportunité dans la prochaine décennie, au maximum dans les deux prochaines décennies », pour agir à moindre coût, a déclaré Ottmar Edenhofer, qui a coprésidé une réunion à Berlin du groupe d'experts de l'ONU.

Le rapport, approuvé par les gouvernements, doit servir de document scientifique de référence aux pays qui négocient un accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre en vue de la conférence de Paris sur le climat fin 2015.

Les gouvernements ont promis de limiter la hausse des températures à un maximum de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle pour éviter une multiplication d'événements climatiques extrêmes que le GIEC juge liés au réchauffement.

L'organisme calcule cependant que pour remplir un tel objectif, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre atteignent un pic prochainement et chutent de 40 à 70 % par rapport à leurs niveaux de 2010 d'ici à 2050, puis soient proches de zéro d'ici à 2100.

Capturer le CO2

De telles baisses sont bien plus importantes que celles programmées par les gouvernements, mais, insiste le GIEC, retarder ces mesures ne fera qu'obliger le monde à recourir à des solutions techniques encore peu éprouvées.

Une de ces méthodes mentionnées par le GIEC consisterait à brûler du bois, des récoltes, de la biomasse en général, pour produire de l'électricité tout en capturant les gaz à effet de serre dans les fumées et à les enfouir sous terre. Cette technologie expérimentale permettrait de réduire la quantité de charbon dans le cycle naturel de croissance et de pourrissement des végétaux.

Mais il y a des risques, liés notamment au besoin de vastes surfaces pour faire pousser la biomasse, qui pourraient provoquer une poussée des prix alimentaires.

« On ne peut pas s'amuser à attendre en pariant sur des miracles technologiques qui surgiront pour nous sauver la mise », a déclaré Christiana Figueres, secrétaire de direction de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a jugé que chaque année d'inaction augmentait le coût futur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le GIEC estime avec une probabilité supérieure à 95 % que le réchauffement climatique est dû aux activités humaines. Il juge que la part des énergies à faible émission de carbone, qui représentait 17 % des énergies utilisées dans le monde en 2010, devra tripler ou quadrupler d'ici 2050 pour prendre le pas sur les énergies fossiles.

Ces énergies à faible émission peuvent englober les centrales à charbon, à gaz ou à fioul si elles utilisent le procédé de capture et séquestration du carbone (CCS), mais ce système reste expérimental.

Le canadien Saskatchewan Power Corp doit lancer cette année un projet de centrale à charbon CCS censée capturer annuellement un million de tonnes de dioxyde de carbone.

Les écologistes contestent cependant le procédé CCS de même que le recours au nucléaire et préconisent uniquement la transition vers les énergies renouvelables.

Le GIEC publiera une synthèse des conclusions de son cinquième rapport d'évaluation, le premier depuis 2007, en octobre prochain.

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