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Chili: Valparaiso toujours aux prises avec l'incendie

13/04/2014 08:07 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Le violent incendie qui ravage Valparaiso, ville côtière du centre du Chili depuis samedi et qui a provoqué la mort de 11 personnes et une évacuation massive, était dimanche loin d'être sous contrôle avec la réactivation de plusieurs foyers.

L'alerte rouge était notamment maintenue dans les collines de Ramaditas, Pajonal et Mariposas où les flammes sont attisées par des vents violents.

"Nous commes dans une situation d'urgence permanente (...), c'est une situation très complexe", a reconnu sur radio Cooperativa le ministre de la Défense, Jorge Burgos.

L'Onami, l'Office national des situations d'urgence, a décrété "l'évacuation préventive" dans le secteur de Torres De Rocuant, situé dans la partie haute de Valparaiso, en raison de l'avance des flammes.

Avec un bilan d'au moins 11 morts, la police n'écarte pas une augmentation du nombre des victimes en raison de plusieurs signalements de disparitions, a indiqué à l'AFP le capitaine de police Sergio Rodriguez.

La plupart des victimes sont des personnes âgées qui n'ont pu être évacuées à temps. En outre, les autorités font état de 5 blessés graves et 500 plus légérement touchés.

Plusieurs quartiers de la célèbre cité portuaire du centre du Chili, classée en 2003 au patrimoine mondial par l'UNESCO, ont été particulièrement touchés par l'incendie qui a détruit au moins un millier d'habitations. Mais le centre historique a pour le moment a été épargné par les flammes.

Une épaisse fumée et une pluie de cendres ont recouvert le port pittoresque, un paysage de carte postale, où les petites maisons bigarrées dont celle du poète Pablo Neruda, aujourd'hui musée, surplombent le Pacifique du haut de 44 collines.

"C'est une terrible tragédie, sans doute le pire incendie de l'histoire de Valparaiso", a déclaré la présidente chilienne Michelle Bachelet, arrivée sur les lieux dans la matinée après avoir rapidement déclenché le plan catastrophe samedi, permettant aux forces armées de participer aux opérations d'évacuation de la population.

Il s'agit de la deuxième évacuation massive en deux semaines de cette ville, distante de 120 km de Santiago, après l'alerte au tsunami déclenchée en raison du séisme de magnitude 8,2 qui a secoué le nord du Chili.

Mme Bachelet s'est engagée à attribuer une indemnisation aux sinistrés pour qu'ils puissent acheter des vêtements et des articles de première nécessité.

Cinq centres d'accueil ont été mis sur pied par la municipalité de cette ville de 270.000 habitants, mais la plupart des personnes évacuées ont préféré trouver refuge auprès de parents ou d'amis, selon les autorités.

Dans le "cerro" (colline) de Mariposa, un des plus touchés, certains habitants dont les habitations n'ont pas été détruites, ont dès la tombée de la nuit décidé de charger leurs voitures et de vider les lieux, face à la crainte d'une reprise de l'incendie.

La police et les équipes de secours d'urgence ont pris possession des rues obscures face à la crainte de pillages.

Certains toutefois ne veulent pas partir. "Moi je n'abandonne pas le peu que j'ai. Ce sont 15 ans de travail et d'efforts et je ne pars pas d'ici, sauf si la maison s'écroule. Mon épouse et mes quatre enfants sont dans un centre d'accueil", indique à l'AFP, Arturo Gomez, un habitant du quartier.

Sur la colline (el cerro) La Cruz, la plus touchée par l'incendie, Laura Vargas a retrouvé sa maison calcinée mais a également décidé de rester. "Je vais dormir ici, dit-elle à l'AFP, si je dois mourir ce sera ici. Nous avons juste besoin d'un matelas pour notre famille de cinq".

Monica Vergara, une voisine de quartier, raconte ses heures d'angoisse la nuit précédente. "J'ai entendu une énorme explosion qui a soulevé la maison et un pompier nous a évacués. J'ai tout perdu, mais mes quatre enfants sont sains et saufs et c'est ça l'essentiel", dit-elle à l'AFP.

Environ 17 avions et hélicoptères ainsi que 3.500 pompiers et policiers participent aux opérations, ont précisé les autorités.

Un incendie de forêt non contrôlé qui s'est déclenché samedi après-midi à la Polvora, à la périphérie de Valparaiso, ravageant 15 hectares d'eucalyptus, de pâturages et de buissons, est à l'origine du sinistre, selon l'Onemi.

Les flammes se sont propagées à une grande rapidité en raison de la chaleur et du vent, gagnant les collines surplombant la baie.

La ville de Valparaiso est visitée chaque année par des milliers de touristes chiliens et étrangers.

Elle a été le premier et le plus important port marchand sur les routes maritimes qui reliaient les océans Atlantique et Pacifique par le détroit de Magellan. Au XIXe siècle, des immigrants ont débarqué d'Europe faisant de la cité la plus cosmopolite d'un pays isolé.

"C'est vraiment épouvantable de voir les rues, les trottoirs, les voitures recouvertes de cendres. C'est une énorme tragédie", a commenté pour sa part à l'AFP, Sonia, une touriste colombienne, visitant le centre historique.

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