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Un ex-sénateur ami de Berlusconi accusé de complicité avec la mafia arrêté au Liban (ministre)

12/04/2014 06:13 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

L'ex-sénateur Marcello Dell'Utri, cofondateur du parti de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, a été arrêté au Liban alors qu'il était en fuite sous le coup d'une condamnation pour complicité avec la mafia, a annoncé le ministre italien de l'Intérieur.

"Marcello dell'Utri se trouve dans les bureaux de la police libanaise", à Beyrouth, a déclaré le ministre, Angelino Alfano, à Rome à des journalistes en marge d'un congrès de son parti, le Nouveau Centre Droit.

Un haut responsable judiciaire libanais a confirmé à l'AFP "l'arrestation dans un hôtel de Beyrouth d'un citoyen italien", sans communiquer son nom. "Il a été arrêté sur la base d'une alerte (+notice rouge+) d'Interpol à la demande des autorités italiennes", a précisé la source.

A Rome, le ministre Alfano a souligné que l'Italie demanderait, comme "c'est naturel et logique", l'extradition de M. Dell'Utri vers l'Italie. Le ministre de la Justice Andrea Orlando est revenu samedi à Rome spécialement pour y apposer sa signature.

Selon le haut responsable libanais, des accords d'extradition existent entre le Liban et l'Italie. La même source a refusé de commenter des informations des médias italiens selon lesquelles M. Dell'Utri voyagerait avec un passeport diplomatique libanais.

A l'AFP, l'ambassade italienne au Liban a fait savoir via son porte-parole Anthony Righetti qu'elle "prête l'assistance consulaire habituelle" à M. Dell'Utri.

La police anti-mafia italienne, saisie d'une demande d'arrestation depuis mardi dernier, avait indiqué vendredi qu'il était "introuvable" et le considérait comme en fuite. Il fait l'objet depuis vendredi d'un mandat d'arrêt européen valable dans toute l'Union européenne et les pays avec lesquels l'Italie a signé des traités d'extradition.

Selon son avocat, Giuseppe Di Peri, "il faudra voir si l'extradition est prévue pour le type de délit qui lui est reproché, en l'occurrence la complicité externe avec la mafia".

M. Dell'Utri, 72 ans, avait fait diffuser vendredi un communiqué où il niait "vouloir se soustraire à la sentence (définitive prévue mardi prochain ndlr) de la Cour de cassation" et être "à l'étranger pour une période de soins et de repos".

Sa disparition avait suscité une levée de boucliers dans la classe politique, l'extrême gauche et l'ancien procureur anti-mafia Antonio Ingroia affirmant que lui avoir permis de "fuir à l'étranger était honteux et indécent pour un pays civilisé".

"Contrairement à hier quand avait été révélée la cavale du référent des assasins de mon père, aujourd'hui les institutions montrent leur meilleur visage", a commenté samedi Fiametta Borsellino, fille du juge Paolo Borsellino tué dans un attentat à la bombe mafieux en 1992.

Dans ses motivations de la condamnation de Dell'Utri à 7 ans de prison en mars 2013, la Cour d'appel de Palerme l'avait accusé d'avoir notamment servi de "médiateur dans le pacte entre Silvio Berlusconi et la mafia" en vertu duquel cette dernière avait assuré la protection du Cavaliere entre 1974 et 1992, contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Dell'Utri avait dirigé la branche publicitaire de l'empire médiatique de Silvio Berlusconi, Mediaset. Très proche de l'ex-Cavaliere, il l'avait aidé à fonder le mouvement qui allait le porter en 1994 au pouvoir, Forza Italia.

fka/mr

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