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Téhéran maintient son choix d'ambassadeur à l'ONU, malgré le refus américain

12/04/2014 07:57 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

Les autorités iraniennes ont maintenu samedi le choix de leur futur ambassadeur aux Nations unies en dépit du veto des États-Unis qui ont annoncé qu'il n'obtiendrait pas de visa américain en raison de ses liens avec la crise des otages de 1979-1981.

Le siège de l'ONU se trouvant à New York, le gouvernement fédéral américain peut interdire à Hamid Abutalebi d'entrer dans ses fonctions.

Vendredi, la Maison-Blanche a annoncé que l'ONU et l'Iran avaient été informés « qu'aucun visa ne serait délivré à M. Abutalebi ».

« Nous avons été très clairs avec les Iraniens : cette nomination n'est pas viable », a insisté la porte-parole du département d'État, Jen Psaki.

Hamid Abutalebi est soupçonné par les États-Unis d'avoir fait partie du groupe d'étudiants qui a pris le contrôle de l'ambassade américaine à Téhéran en novembre 1979 et d'y avoir détenu 52 otages américains pendant 444 jours. Le diplomate chevronné a reconnu avoir agi comme interprète pour ceux qui détenaient les otages.

L'Iran a dit regretter la décision du gouvernement américain, mais a insisté samedi : « Nous n'avons pas de remplaçant pour M. Abutalebi et nous porterons cette affaire devant les mécanismes juridiques des Nations unies », a dit Abbas Araghchi, haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères cité par l'agence officielle de presse Irna.

La veille, le porte-parole de la mission iranienne à l'ONU, Hamid Babaei, avait déploré une décision qui, a-t-il dit, « enfreint le droit international, l'obligation du pays hôte, et le droit intrinsèque des États membres souverains à désigner leurs représentants aux Nations unies ».

Le différend ne devrait toutefois pas affecter les négociations nucléaires en cours entre l'Iran et les grandes puissances, a estimé un responsable iranien.

« Si les États-Unis commencent à choisir qui peut représenter d'autres pays aux Nations unies, d'autres pays risquent de réagir par la colère. Comment réagirait Washington si la Suisse mettait son veto à son choix d'ambassadeur des États-Unis au Conseil des droits de l'homme à Genève? », analyse Richard Gowan, spécialiste des relations internationales à l'université de New York.

Jeudi, la Chambre des représentants, après le Sénat, avait voté pour interdire à Hamid Abutalebi l'entrée sur le territoire américain. D'anciens otages à Téhéran avaient saisi le Congrès pour faire part aux élus de leurs objections à sa présence sur le territoire américain.

De nombreux élus au Congrès, y compris des démocrates du camp de Barack Obama, restent très sceptiques au sujet de l'Iran, malgré les efforts du nouveau président iranien Hassan Rohani pour apaiser les tensions entre Washington et Téhéran.  

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