POLITIQUE

Thomas Mulcair s'en prend au projet de réforme de la loi électorale

12/04/2014 02:59 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT
CP

HALIFAX - Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Thomas Mulcair affirme qu'avec des élections dans seulement 18 mois, il se concentrera sur la réforme de la loi électorale du gouvernement conservateur, puisque celle-ci pourrait saper les règles de la démocratie.

M. Mulcair, à Halifax pour le congrès du NPD de Nouvelle-Écosse, soutient que les troupes de Stephen Harper sont davantage intéressées à restreindre le droit de vote qu'à donner des raisons aux électeurs de se rendre aux urnes.

«Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour bloquer [la réforme], a-t-il déclaré devant 250 délégués réunis dans un hôtel de la région de Halifax. Les experts ont affirmé que cela était trop complexe pour être compris par les Canadiens. Mais nous savons que cela concerne les règles fondamentales de la démocratie.»

Pour les conservateurs, le projet de loi vise à s'attaquer à la fraude électorale, mais M. Mulcair mentionne plutôt que la réforme fera disparaître la capacité d'enquête d'Élections Canada.

Pour lui, les étudiants, les personnes âgées et les autochtones auront particulièrement de la difficulté à se prévaloir de leur droit de vote si les règles plus restrictives sur l'identité des électeurs sont adoptées dans le cadre de la réforme.

«Stephen Harper tente de piper les dés en sa faveur d'ici aux prochaines élections, a dit le leader du NPD après son discours. Jamais auparavant, dans l'histoire du Canada, un gouvernement a-t-il tenté d'utiliser sa majorité pour modifier unilatéralement les lois électorales sans l'appui d'aucun autre parti politique.»

Le chef néo-démocrate dit savoir que la loi est complexe, mais insiste que les Canadiens sont au courant des tentatives du NPD d'empêcher l'adoption de la réforme.

Il poursuit en mentionnant que plusieurs personnes l'ont approché, samedi, dans un marché de Dartmouth, pour discuter du projet de loi, disant qu'il s'agit d'un signe que le message du NPD se rend jusqu'aux électeurs.

Le ministre responsable de la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, n'était pas disponible pour commenter samedi.

Thomas Mulcair invoque également les nombreuses critiques du projet présentées par des experts électoraux. Il dit entre autres avoir été abasourdi par un tweet publié la semaine dernière par la sénatrice conservatrice Linda Frum: «Élections Canada ne devrait pas avoir intérêt à ce que le taux de participation soit élevé. Il s'agit d'un conflit.» Mme Frum a ajouté que «Le rôle d'Élections Canada est de gérer des élections justes. Pas de motiver. Pas d'inciter.»

Les commentaires de la sénatrice découle d'une partie controversée du projet de loi qui empêcherait Élections Canada d'encourager les gens à voter, une mesure qui, de l'avis du gouvernement, vise à faire peser le fardeau de cette motivation sur les partis politiques, et non pas sur les fonctionnaires.

Dans un discours aux relents de campagne électorale, M. Mulcair a enfin suggéré que les conservateurs sont englués dans des scandales et des affaires découlant d'une mauvaise gestion.

«Ils ne peuvent livrer le courrier, ils ne peuvent livrer le blé. Ils ne peuvent même pas réparer les ordinateurs pour gérer vos rapports d'impôts à temps. Et ils croient qu'ils donneront des leçons aux autres sur l'administration publique. Voyons, débarrassons-nous d'eux.»

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