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Mali: un nouveau gouvernement pour relancer la réconciliation nationale

12/04/2014 07:25 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

Le président malien Ibrahom Boubacar Keïta a nommé son gouvernement, qui sera dirigé par le nouveau Premier ministre Moussa Mara et aura pour tâche principale de poursuivre la réconciliation nationale, en panne après une longue crise politico-militaire.

Le Premier ministre malien a demandé à son gouvernement d'avoir "constamment à l'esprit la gravité des enjeux du moment et l'importance des attentes des populations" maliennes, selon un communiqué publié samedi après la première réunion gouvernementale présidée par M. Mara.

La formation de cette nouvelle équipe intervient six jours après la nomination de Moussa Mara pour remplacer Oumar Tatam Ly, qui fut Premier ministre pendant un peu plus de sept mois.

Dans sa lettre de démission dont l'AFP a obtenu une copie, M. Ly évoquait des "dysfonctionnements" et "insuffisances (...) dans la marche du gouvernement" qui réduisaient sa capacité d'action.

Le nouveau gouvernement, annoncé dans un décret présidentiel publié vendredi soir, est formé de 31 ministres, contre 35 dans le précédent. Sa composition ne comporte pas de changements majeurs.

L'un des faits marquants est néanmoins l'arrivée à la tête du ministère de la Réconciliation nationale de Zahabi Ould Sidy Mohamed, un Arabe natif de Tombouctou (nord-ouest du Mali), dont la nomination vise, selon des observateurs, à relancer ce dossier.

M. Ould Sidy Mohamed, chef de la diplomatie malienne dans la précédente équipe, est un ancien dirigeant d'un mouvement rebelle du nord du Mali dans les années 1990.

Cet ex-fonctionnaire des Nations unies est réputé influent et bien introduit dans les milieux touareg et arabes du Nord, une région qui a connu plusieurs rebellions touareg depuis l'indépendance de cette ancienne colonie française en 1960.

Avant l'élection de M. Keïta, en août 2013, qui a scellé le retour à l'ordre constitutionnel, le Nord avait été occupé depuis le printemps 2012 par des jihadistes armés, une occupation qui avait été précédée par une offensive touareg suivie d'un coup d'Etat.

A la suite d'une intervention internationale dirigée par la France à partir de janvier 2013 et toujours en cours, les jihadistes ont été chassés des grandes villes du Nord qu'ils occupaient.

Mais ils demeurent actifs dans ces vastes zones, où ils commettent des attaques meurtrières à intervalles réguliers, tandis que des tensions persistent avec la communauté touareg.

- Décentraliser pour renforcer la paix -

M. Ould Sidy Mohamed remplace Cheick Oumar Diarrah, qui dirigeait l'ancien ministère chargé de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord.

M. Diarrah, un proche du président Keïta, quitte le gouvernement alors que le dossier n'a pas beaucoup avancé.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a estimé, dans une récente interview à l'hebdomadaire Jeune Afrique, que le processus de réconciliation nationale au Mali "n'avance pas très vite".

Un autre changement important, qui va dans le même sens, est l'arrivée de Ousmane Sy à la tête du ministère de la Décentralisation.

M. Sy, expert dans ce domaine, a dirigé ce département sous le régime du président Alpha Konaré (1992-2002).

Sa présence dans le nouveau cabinet vise, selon des observateurs, à faire de la décentralisation un instrument de la paix dans le Nord.

Le nouveau Premier ministre Moussa Mara avait affirmé, après sa nomination le 5 avril, que la réconciliation était prioritaire, car "il nous faut recoudre le tissu social qui a été particulièrement traumatisé par les troubles des années précédentes".

Dans ce nouveau gouvernement qui compte huit femmes, huit personnalités font leur entrée tandis que huit autres ont été remplacées.

Parmi les principaux reconduits figurent Mohamed Ali Bathily (Justice), Soumeylou Boubèye Maïga (Défense), Sada Samaké (Intérieur et Sécurité) et Bouaré Fily Sissoko (Economie et Finances).

D'autres ministres ont été remerciés, dont Moussa Sinko Coulibaly, qui fut ministre durant la transition et avait été reconduit dans le gouvernement, comme ministre de l'Administration territoriale, après l'élection du président Ibrahim Boubacar Keïta.

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