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Les indépendantistes du SNP en appellent aux travaillistes pour une "Ecosse aux Ecossais"

12/04/2014 07:23 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre écossais Alex Salmond devait lancer samedi à Aberdeen un appel aux travaillistes écossais, dont le parti prône le non au référendum d'autodétermination, à dépasser les clivages politiques et rallier sa vision encore minoritaire "d'une Ecosse aux Ecossais".

"Ce référendum ne porte pas sur un parti ou un Premier ministre", "il s'agit de mettre le futur de l'Ecosse dans des mains écossaises", devait dire le Premier ministre écossais dans l'après-midi devant un millier de partisans réunis dans la capitale pétrolière de l'Europe pour le dernier congrès de son Parti national écossais (SNP) avant le référendum du 18 septembre.

Selon les extraits diffusés avant qu'il ne monte à la tribune, Alex Salmond entendait expliquer qu'en cas d'indépendance, le nouveau gouvernement pourrait être dirigé "par le SNP ou peut-être les travaillistes ou encore par une coalition".

Cependant, depuis les élections de 2011, le Scottish National Party domine le Parlement autonome écossais avec 65 sièges contre 38 pour les travaillistes et 15 pour les conservateurs.

Si les derniers sondages d'opinion dessinent un léger resserrement des intentions de vote avec un taux d'indécis qui tourne autour de 15%, les indépendantistes sont toujours à la traîne du camp du maintien de l'Union. Ceux qui sont favorables au oui recueillent 40% des intentions de vote derrière les tenants du non à 45%, dans le sondage le plus favorable enregistré jusqu'ici.

L'enjeu pour Salmond et ses partisans est d'aller chercher les électeurs du Labour écossais, en touchant leur fibre patriotique et leur rejet des conservateurs.

Vendredi, Nicola Sturgeon, la numéro deux du gouvernement écossais et bras droit de Salmond a débuté cette campagne de séduction dans un discours très marqué à gauche.

Elle a assuré que la meilleure chance pour les Ecossais d'être gouvernés à gauche est d'opter pour l'indépendance. Car "même lorsque l'Ecosse vote travailliste, il n'y a aucune garantie qu'il y ait un gouvernement de gauche à Westminster" sa voix étant fortement diluée dans l'électorat global du Royaume-Uni également constitué de l'Angleterre, de l'Irlande du nord et du Pays de Galles.

"Et trop souvent, même quand il y a un gouvernement britannique travailliste (en place à Londres), ce sont les priorités de Westminster qui l'emporte sur celles de l'Ecosse".

Attaquant avec virulence la politique sociale et les coupes budgétaires du Premier ministre conservateur David Cameron, Nicola Sturgeon a insisté sur la nécessité de reprendre le contrôle de la destinée de la région. Elle a affirmé qu'en terme de PNB par habitant, une Ecosse indépendante aujourd'hui serait "le 14e pays le plus riche du monde" devant "le Royaume-Uni qui serait 18e".

Samedi, Alex Salmond doit poursuivre la charge contre le parti conservateur au pouvoir, très impopulaire en Ecosse, sous le regard de journalistes basques et de Catalogne qui suivent avec intérêt les débats.

La Catalogne désirant organiser un référendum d'autodétermination en novembre, malgré l'opposition de Madrid, "tout ce qui se passe ici est digne d'intérêt", note la correspondante de l'agence d'information catalane.

Le leader indépendantiste doit également annoncer que le travail de négociation avec Londres, en cas de victoire du oui, débuterait "avant la fin septembre" avec la constitution d'"un groupe de négociation incluant tous les partis politiques" baptisé "Team Scotland" afin de préparer l'indépendance prévue pour le 24 mars 2016.

Pour l'heure, la députée travailliste écossaise Gemma Doyle est restée insensible à l'appel indépendantiste.

"Il n'y a eu aucun détail sur ce qui pourrait remplacer la livre, sur la manière dont les retraites seraient financées ou sur ce qui se passerait pour ce que nous devons payer pour nos écoles et nos hôpitaux", a-t-elle dénoncé dans The Independent.

Londres égrène depuis plusieurs mois les conséquences négatives pour les Ecossais d'une victoire du oui au référendum: perte de la livre sterling, difficulté voire impossibilité de rejoindre l'Union européenne, hausse des dépenses d'énergie, difficulté à promouvoir le whisky dans le monde ou départ d'entreprises.

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