POLITIQUE

Concorde: Régis Labeaume veut envoyer un signal à la mafia

11/04/2014 03:40 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT
PC

Le maire de Québec, Régis Labeaume, soutient qu'il n'avait pas le choix de voter une résolution pour bloquer le projet de condo-hôtel du Concorde afin d'écarter d'éventuels acheteurs qui pourraient être liés au crime organisé.

Régis Labeaume explique qu'au cours des derniers jours, deux sources différentes et crédibles l'ont informé que Tony Magi, un homme d'affaires proche de la mafia montréalaise, serait impliqué, par le biais d'un prête-nom, dans la transaction visant l'achat de l'hôtel de la Grande Allée. Bien qu'il n'ait aucune garantie de la présence de Tony Magi dans le groupe d'investisseurs, Régis Labeaume affirme qu'il se devait d'agir.

« Le résultat qui était escompté, c'était tout d'abord contrôler la vocation hôtelière au Concorde et éventuellement, le cas échéant, envoyer un signal à la mafia ou à toute organisation criminelle du Québec pour leur dire que Québec n'était par une terre d'accueil pour leurs investissements immobiliers », a déclaré le maire, en point de presse vendredi.

Régis Labeaume a transmis le dossier au chef de la police de Québec. « Ça ne veut pas dire que, parce qu'il y a des allégations, il va y avoir une enquête », précise François Moisan, porte-parole officiel de la police de Québec.

Le maire dit avoir voulu soumettre le dossier à l'UPAC, mais l'Unité permanente anticorruption ne peut intervenir dans ce genre de transaction privée.

Guerre ouverte

Le maire a par ailleurs été dur à l'endroit de l'actuel propriétaire Eddy Savoie, qui souhaite vendre l'hôtel au groupe d'investisseurs demeuré pour l'instant anonyme. Régis Labeaume considère qu'Eddy Savoie n'a aucune crédibilité. Le personnel au sein de son cabinet ne lui adresse plus la parole.

« On a fouillé pour voir qui il était, puis maintenant on a la conviction qu'il faut se tenir le plus loin possible de ce gars-là », a lancé le maire Labeaume.

Eddy Savoie a pour sa part laissé entendre dans certains médias que Régis Labeaume voulait bloquer la transaction pour favoriser un ami, ce que nie catégoriquement le maire de Québec.

Puis, il est revenu à la charge alléguant cette fois que Régis Labeaume avait fait adopter la résolution pour favoriser sa belle-sœur qui dirige une résidence pour personnes âgées située à quelques pas du Concorde.

Le maire de Québec s'est montré indigné devant cette affirmation.« Il commence à avoir un problème. Ma belle-sœur dirige, oui, une résidence pour personnes âgées et puis? Il est en train de capoter, M. Savoie, ça ne va plus. Ce n'est pas drôle, il est prêt à n'importe quoi. »

Eddy Lavoie déplore les agissements du maire dans ce dossier. « Je trouve ça très dommage de la part du maire d'une ville d'importance comme Québec de se comporter comme ça, parce qu'avant d'assumer qu'il y a des gens de la mafia, je pense qu'ils ont des polices, des gens qui peuvent faire des vérifications. On l'a dit et redit, la personne à qui on a vendu, c'est un monsieur dont la Ville nous a fourni le nom. On a pris le nom d'une des personnes qui avaient fait leur demande à la Ville et on a transigé avec elle », souligne Eddy Savoie.

Pour sa part, l'avocat qui représente les acheteurs du Concorde, Me Stéphane Harvey, a nié catégoriquement vendredi qu'un proche de la mafia montréalaise fasse partie du groupe d'acheteurs.

Rappelons qu'Eddy Savoie tente de revendre l'immeuble acheté auprès de Loews Le Concorde puisqu'il ne peut en faire une résidence pour personnes âgées comme il le souhaitait.

Selon le contrat notarié de la première vente, Eddy Savoie a payé 11,5 millions de dollars pour l'édifice évalué à plus de 24 millions de dollars. La Ville de Québec a empoché 361 000 $ pour la mutation foncière.

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